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Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx)

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MessageSujet: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Ven 21 Oct 2016 - 2:43

L’après-midi touchait déjà à sa fin alors que je m’approchais lentement, mais sûrement de la raison pour laquelle j’avais quitté Warfang en premier lieu. Je frissonnai alors que je me posai dans une vallée à quelques lieus seulement des ruines de l’ancien repaire de Malefor. Reprenant mon souffle, je déposai mon paquetage de voyage sur le sol.

-Même le mauvais temps semble être au rendez-vous on dirait… Grommelais-je en remarquant qu’un vent d’orage se levait.

Et puis, ce n’était pas seulement la météorologie qui s’était comme tâche de me plomber le moral. En effet, tout autour de moi s’étendait un paysage de mort et de misère. L’herbe, arrachée depuis bien longtemps pour laisser place à un sol poussiéreux et parsemé de pierres aussi noires que l’âme de celui qui avait amené tant de malheur en ces lieux. La végétation se composait surtout de ronce et les arbres (enfin, ceux qui étaient toujours debout…) semblaient avoir pourris jusqu’aux racines. De plus, il ne fallait surtout pas oublier la faune, la raison première pour laquelle je m’étais posé si loin de l’ancien antre du Seigneur Noir (voler jusque-là leur aurait offert un visuel parfait sur un truc à se mettre sous la dent non ?). Bien que, pour le moment, je n’en avais pas encore aperçus, j’avais été bien averti à Warfang du danger que posaient les créatures vivant dans les endroits qui avaient jadis été sous l’influence de Malefor.

-Justement, me dis-je en entendant une clameur bien inquiétante dans le lointain, je n’aie pas l’intention de me frotter aux locaux.

Bref, je n’avais pas besoin de plus d’indications que l’endroit était maudit et que les relents de bien sombres maléfices s’y déversaient jusqu’à ce jour (et probablement pendant encore bien longtemps selon moi…).

Après une description si exhaustive et si peut séduisante du coin, l’on pourrait se demander pour quelle raison je voyageais en ces lieux damnés. Ah, oui, la réponse était bien simple : ni plus ni moins que pour un certain montant d’argent. Et il fallait dire que sur ce coup-ci, on m’en avait proposé un sacré paquet ! Toutefois, bien que je n’eusse jamais été dans les bonnes grâces de la garde de Warfang (je jette le blâme sur une sordide histoire de tricherie aux cartes), cette fois je pouvais très sérieusement me retrouver dans de beaux draps si cette dernière de mes frasques parvenait à leurs oreilles. Voyez-vous, ce boulot ne m’avait point été refilé par un riche aristocrate, un membre du gouvernement officiel un brin corrompu ou même un presque-honnête marchand. Oh que non. Ce contrat, je l’avais déniché (ou s’était lui qui m’avait déniché, je ne sais trop plus) par l’entremise de l’un des derniers grands chefs de la pègre de Warfang. Pour tout vous dire, je n’avais jamais vu ce type ni même ses subordonnés directs. Pour le moment, je tairais même son nom, histoire d’éviter de me faire salement liquider un de ces jours en guise de représailles. Pour faire une histoire simple, on remettait des instructions à des types comme moi (écrites ou verbales. On ne sait pas tous lire dans ce métier. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je tombe…)  et de notre côté, les rustres mercenaires que nous sommes acceptons ou refusons le travail.

Il est donc aisé pour le commun des mortels de comprendre que, en fonction des acteurs impliqués dans ce système, qu’il n’est pas un exemple reluisant de vertu et d’honnêteté. Bref, ma seule présence en ces lieux était suffisante pour mettre ma charmante tête sous le couperet du bourreau et ça s’était sans parler de la tâche pour laquelle j’étais venu jusqu’ici. Je devais prendre possession d’un ancien artéfact datant de la dernière guerre contre Malefor. Selon les contacts de mon employeur, certaines personnes étaient prêtes à payer fort prix pour la chance de mettre la griffe sur un machin pareil. Toutefois, je doutais bien que la garde aurait apprécié que quelqu’un ne ramène un objet si vil entre les murs de la cité. Vous pouvez donc bien imaginer que ma situation trempait dans une illégalité certaine… Mais l’argent n’avait pas d’odeur et l’opportunité de m’en procurer une quantité substantielle me plaisait.

Par contre, rien n’aurait pu être aussi facile. L’objet que je devais retrouver dans les ruines inquiétantes du repaire détruit se nommait le « Nehonor » aussi surnommé « L’Aveugleur de dieu ». Autre que ces nom étranges (et en cruel manque de style) je n’avais aucune description de cet objet bien particulier.

-Tu devrais le reconnaître lorsque tu le verras. M’avait-on dit. Un objet maudit, ça ne passe pas inaperçu !

C’était à se demander pourquoi quelqu’un cherchait à se procurer ce Nehonor. Qui donc, de façon éclairée, paierait des sommes extravagantes pour retrouver un vieux machin donc personne vivant aujourd’hui ne pouvait le décrire ! Ah, les riches et leurs caprices...

Tout le flou autour de ce boulot était probablement la raison pourquoi j’avais été le seul à accepter un contrat pareil. L’appât du gain était sûr de me mener à ma perte un de ces jours.

Soudain, un autre hurlement vint briser ma réflexion. Rapidement, il fut suivi par un deuxième, un troisième, un quatrième… Ils étaient plus près désormais. Probablement à quelques kilomètres pas plus.

-Merde, grommelais-je, on dirait que j’ai de la compagnie.  

J’allais devoir me bouger. Une meute de je-ne-savais-trop-quoi semblait avoir senti ma présence sur leur territoire. Rapidement, je ramassai mon paquetage et m’élançai à bonne allure vers l’ancien repaire maudit de Malefor. Il aurait été malavisé de m’envoler, j’aurai été bien trop visible à l’horizon. Avec un peu de chance, peut-être allais-je être capable de semer mes poursuivants dans ce paysage peu accueillant.

Je remarquai alors que la nuit commençait à tomber. Parfait. Bientôt, les ténèbres engloutiraient tout et pourraient me fournir une bonne couverture.

Il ne fallait juste pas qu’ils m’engloutissent moi…  
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Lun 24 Oct 2016 - 19:24

Sous l’austérité de la pierre peut se cacher des choses dont nous n’avons aucunement conscience. Les chemins que nous traversons, les maisons qui nous habitons, les tours d’où nous combattons, les ruines que nous abandonnons  laissent des traces ineffaçables d’un passé ancré jusqu’à l’intérieur de la roche. Des ossements retraçant une guerre, la rouille d’objets autrefois de valeur, les souvenirs de personnes ayant foulé le lieu, et peut-être même la voix des défunts, conforté dans leur mort, tout en ne voulant se détacher de la terre qui les a vu naître.
 
Nostalgique était le terme qu’il fallait alors que j’arpentai lentement les ruines de ce qui fut autrefois le repaire de Malefor lors de la grande guerre qui le confronta à Spyro. La Guerre des Violets : ce ferait un très bon titre de guerre, beaucoup plus illustré que le simple terme de « Grande guerre ». Aujourd’hui, je ressentais des vestiges qui me donnaient le vertige ; tant de choses s’étaient passé dans ces lieux, qui étaient autrefois censés se trouver au-dessus de la ceinture de feu qui a disparu, ne laissant derrière elle que de vastes plaines, désert de poussière inépuisable.  On ne pouvait venir ici sans un bon entrainement, et quelques ressources que je gardais auprès de mon flanc, dans une grande besace. Les autres qui osaient s’aventurer ici n’étaient que des fous ou des inconscients, car même si Malefor ne résidait plus ici, son ombre projette des menaces manifestes.
 
Rien ne me poussait réellement à venir ici. J’étais bien loin du temple, mais c’était pas un caprice sentimental que je me résolus à rejoindre ces terribles vestiges emprunts de ténèbres puissantes : mon ami, Ignitus.
 
Des trois Gardiens que j’avais eu le plaisir de côtoyer, Ignitus était sans aucun doute le plus sage, aussi le plus réservé, mais c’était un grand dragon auquel je tenais beaucoup. Son sacrifice pour Spyro et Cynder me déchira, mais je ne pouvais en tenir rigueur au héros violet. Tel était sa destinée, et Ignitus était prêt à faire cela. Il est mort comme il l’a souhaité, pour prolonger la vie de ce monde.
 
Je souris un bref instant. L’idée était noble. Je n’étais pas sûr qu’à sa place, j’aurais pu faire la même chose. La mort avait quelque chose d’étrange, et, bien que nous soyons tous condamner à y passer, le plus tard est toujours le mieux. En tout cas, je n’avais pas à m’empêtrer dans pareille réflexion. Déjà que c’était bien mort ici…
 
Je m’arrêtai dans un long couloir et frottai légèrement ma patte contre un mur dont la poussière tomba au sol. Je soupirai.
 
— Ah, Ignitus. J’ai beau me retourner inextricablement l’esprit, réfléchir seul, à plusieurs, dehors, dedans, n’importe où, n’importe comment, je sens un manque en moi. Tu étais un guide pour nous tous, et maintenant, nous avons une destination, mais pas de direction. Bien sûr, nous devons tout de même continuer à avancer, mais les débuts sont si difficiles. Tu es parti depuis peu, mais pour moi, c’est déjà beaucoup de temps ; temps que je pourrai compter en années aisément. Je n’arrive pas à trouver ce qu’il nous faut. Je viens ici pour faire le deuil, mon vieil ami.
 
Je laissai mes paroles se répercuter en un vase écho à travers les vides corridors des ruines. Un léger bruit vint m’avertir : il s’agissait du tonnerre qui avait frappé au loin. Un orage s’annonçait. Cela me fit sourire. Les orages étaient très jolis, et, en tant que dragon de foudre, cela permettait aussi d’améliorer mon moral, ainsi que ma puissance élémentaire. Mais là n’était pas le plus important ; j’espérais ne pas avoir à me battre dans ce lieu. Qui sait ce que je pourrais rameuter…
 
J’avançai un peu plus et entra dans une petite pièce à ma droite. Je découvrais totalement l’endroit ; jamais je ne m’y étais rendu. Ma curiosité me faisait voyager entre chaque salle, couloir et cour de ce sombre lieu. La salle était vide, si l’on omettait quelques pans du toit qui étaient effondré, laissant à nu un ciel couvert de nuages noirs. Cela confirmait l’hypothèse d’un prochain orage.  J’haussai les épaules.
 
— Cela suffira. Oui, après tout, je ne connais pas le lieu où il a véritablement disparu, et ce n’est pas dans l’ignorance que je trouverais une quelconque réponse. Ainsi, je dois m’en remettre à mon instinct. De toute manière, peu importe le lieu, je pense que je suis assez prêt pour que l’esprit d’Ignitus puisse m’entendre. Bien, commençons donc, avant qu’il fasse nuit noir. Bien…
 

Je sortis de ma besace un léger pot que je débouchonnai. A l’intérieur se retrouvait des pétales de roses que je déversai dans la pièce. La rose était le symbole du feu. Ensuite, je sortis une gemme qui s’illuminait d’une lueur vermillon. Je la posai au sol, m’asseyais, fermai les yeux et patientai, marmonnant quelques paroles pour Ignitus.
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Jeu 10 Nov 2016 - 0:42

-Merde ! Grommelais-je. Ces salopards sont tenaces !

Cela faisait déjà une bonne demi-heure que je courrais sans m’arrêter. Plus je m’obstinais à échapper à mes poursuivants, plus je m’enfonçais dans un paysage cauchemardesque. Tout autour de moi s’étendait une lande dévastée où, de toutes parts, s’élevaient des ronces acérées ou des plantes aux apparences meurtrières que je n’avais jusque-là jamais encore vues de ma vie. Bien que mes mystérieux adversaires ne s’étaient pas encore montrés, je savais pertinemment qu’ils ne lâcheraient pas le morceau de sitôt. Je pouvais toujours entendre leurs hurlements loin derrière, tentant vraisemblablement à alerter leurs compatriotes dans les parages. De ce que mon ouï pouvait en déduire, ils étaient de plus en plus nombreux. Pire encore, ils se rapprochaient. Bien que m’envoler maintenant était pour le moins une perspective tentante, elle aurait aussi été une grave erreur. Cela n’aurait fait que rameuter un nombre plus important de leurs semblables et leur aurait indiquer exactement où se dirigeait leur dîner…

Toutefois, il y avait bien un point positif à ma situation. Sur le sol, j’avais pu détecter la présence d’une chose bien inusitée : Des pierres taillées. Une route ! Enfin, les vestiges anciens d’une route. Elle avait été construite il y avait bien des années. Probablement par Malefor pour acheminer ses troupes et préparer ses prochaines offensives. Bah, tout ça c’était de l’histoire ancienne. L’important était que cette infrastructure en ruine allait me guider directement à l’ancien repaire du Maître Noir.
Je n’avais qu’à la suivre et le tour était joué.

Toutefois, les choses risquaient de bientôt se compliquer.

Alors que je dépassais en vitesse un fossé remplis de ronces, une masse sombre en émergea. Vive comme l’éclair, elle fondit sur moi crocs et griffes au clair.

-Qu’est que... ?

J’eu à peine le temps de faire volte-face que la chose planta profondément ses dents dans mon épaule. Débalancé par mon lourd fardeau, je m’effondrai sur le sol avec ce dernier tombant sur moi de tout son poids. Toutefois, à son grand désarroi, je n’avais pas encore dit mon dernier mot. Ayant rapidement délogé les crocs de mes écailles d’un bon coup de griffes, j’administrai un magistral coup de boule à mon adversaire. Surprise, la bête roula sur le côté pour éviter une autre attaque. C’est alors que j’eu enfin l’opportunité de jeter un œil sur l’un de ces bien mystérieux êtres qui habitaient les parages.

-Dis-donc, grondais-je avec arrogance, tu t’es fait rétamé par une baliste ou quoi ?

Devant moi se tenait quelque chose dont je n’avais jusqu’à présent jamais eu la malchance de rencontrer. Avec un peu d’imagination, un aventurier astucieux aurait peut-être pu avoir une idée de ce à quoi cette bête avait été autrefois.

Se tenant sur les quatre fers, l’animal avait la silhouette d’un loup. M’enfin, un loup qui aurait passé un sacré mauvais cardeur. Sa tête énorme couturée de cicatrices et d’infections diverses se terminait par une gueule aux proportions ahurissantes. Sa dentition l’était d’ailleurs encore plus. Des dents tordues pointaient de toutes part si bien qu’il aurait été fantasmer de croire que la créature aurait pu fermer la gueule correctement. Là où originalement l’on aurait pu trouver de la fourrure, il ne restait plus qu’une peau foncée couvertes de plaies purulentes et hérissée de pointes. Pour complémenter le tout, à l’endroit où l’on aurait pu autrefois observer des yeux se trouvaient deux orbites vides. À croire que ces monstres ne s’orientaient pas à la vue…

Par contre, je n’eus pas plus le temps d’observer ce joli tableau qui se présentait à moi car la meute, vraisemblablement, avait profité de l’occasion pour rattraper mon avance.

Rapidement, je soufflai un jet de flamme à la figure de la créature. Sa taille imposante la rendant plutôt difficile à rater, cette dernière se le prit de plein fouet. Préférant ne pas répéter l’expérience, le monstre (que j’avais affectueusement surnommé Sale-Gueule) s’en fut en hurlant avec ce qui lui restait de poil en feu.

-Et que jt’y reprenne pas ! Déclarais-je en reprenant ma course bien conscient que les autres créatures n’étaient plus qu’à à peine quelques lieus derrière moi.

Après encore un bon quart d’heure de course, les ruines de l’ancien repère furent enfin en vues. Difficile de les manquer au beau milieu de cette lande dévastée.

-Enfin ! Me dis-je. J’ai peut-être une chance finalement…

Enthousiaste de voir que mon salut était peut-être à l’horizon, je continuai ma course à un rythme effréné. Quelques minutes plus tard, j’atteignit enfin les imposantes constructions de pierre et m’y enfonçai. Ce n’est qu’après y avoir pénétré que je ralenti ma course. Il aurait été bien étonnant que Sale-Gueule et sa bande ne me suive jusqu’ici, mais ça ne faisait jamais de mal d’être prudent. Je
continuai donc à marcher dans les ombres bien aux aguets.

Après je ne sais trop quelle durée, je me détendis un peu. Pour le moment, j’étais hors de danger. Calme et en reprenant mes esprits, je commençai à penser à mon objectif final : retrouver le Nehonor et foutre le camp d’ici ! Toutefois, la tâche n’allait pas s’avérer être si facile. Tout autour de moi s’étendaient des couloirs et des couloirs de pierre tout aussi semblable les uns des autres. L’architecture était pour le moins particulière. Parfois, certains chemins semblaient n’aller nulle-part, les plafonds pouvaient changer de hauteur de façon presque aléatoire et les dommages qu’avait subi cet endroit amenait tout aussi son lot de confusion. De plus, il faisait noir. Très noir !

-Bon, grommelais-je confronté à la précarité de ma situation, je vais devoir faire attention.

C’est donc avec une prudence redoublée que je progressai en ces lieux. J’allais bien sûr devoir prendre garde aux pièges qui auraient évidemment été laissés partout pour s’occuper des visiteurs inopportuns. Toutefois, ce labyrinthe de ruines serait probablement désert. Qui viendrait se fourrer dans un endroit pareil ? Il faudrait être complétement fêlé !

C’était sur ce point que je me trompais. Comme d’habitude.

Après ce que j’avais cru être une éternité à errer en ces lieux maudits, j’entendis quelque chose à
quoi je ne m’attendais point.

-Une voix ! Me dis-je.

Je n’étais donc pas seul.

Dressant l’oreille, j’en convins que cette manifestation bien inattendue provenait d’une pièce tout au fond du couloir où je me trouvais. M’aplatissant contre la pierre froide du mur, j’avançai à pas feutrés pour ne pas alerter quiconque de ma présence. Ce n’est qu’en arrivant tout juste à côté de l’entrée de la pièce que je jetai un coup d’œil furtif à l’intérieur. Quelle fut ma surprise lorsque je posai les yeux sur l’individu qui parlait toujours à voix haute.

Un dragon ! Et pas n’importe lequel : Un Gardien !

Je me retins de pousser un cri de surprise en apercevant le Warfangien.

-Merde…Volteer !

C’était vraiment le top ! S’il me voyait ici, j’étais décidément cuit. Ma présence en ces lieux était bien assez pour me donner de sacrés ennuis. De plus, je n’avais aucune connexion dans les hautes sphères pour me sortir du pétrin si j’étais pris sur le fait. Bien sûr, marchander avec un Gardien n’était pas une option. Il était impossible à graisser la patte à ceux-là. Totalement incorruptibles. Et puis, une confrontation directe avec un type dans ce genre était complètement hors de question ! Tout juste à quelques mètres de moi se tenait l’un des Gardiens de légende, maître absolu de son élément. Bien que je ne les eusse que seulement aperçu de loin, je ne pouvais douter de la puissance de leurs semblables et particulièrement celle de celui-là. Durant l’attaque des Hybrides sur Warfang, j’avais eu l’occasion de voir (à une certaine distance bien sûr) Volteer foudroyer sur place un nombre impressionnant d’adversaires. Je n’échappais certainement pas à la règle sur ce coup-ci : En deux temps trois mouvements, le Gardien de la foudre me ferait aisément frire.

Chauffé à bloc, mon cerveau reptilien tentait tant bien que mal à trouver une solution. Rebrousser chemin n’était pas une option viable. J’avais fait bien des efforts pour arriver jusqu’ici et laisser tant d’argent me glisser entre les griffes était inacceptable. Toutefois, je devais trouver le moyen d’assurer que Volteer ne me tombe pas dessus à l’improviste. Plaider ma cause peut-être ?

Si bien concentré sur mon problème, je ne prêtai point attention à mon environnement. En effet, une silhouette bien imposante se glissait silencieusement entre les ombres directement sur moi.

-Peut-être devrais-je simplement attendre ici et…RAAAAAH !

Mes pensées furent subitement interrompues par une douleur vive : Quelqu’un avait profité de l’occasion pour me sauter sur dans le dos. Une fois de plus, je sentis des crocs puissants se planter dans mon épaule blessée. Rugissant de douleur, je pivotai sur moi-même et pu apercevoir mon adversaire.

-Encore toi ! Rugis-je en tombant nez à nez avec le visage brûlé de Sale-Gueule.

Bien qu'elles n'en avaient pas l'air, ces bêtes étaient bien loin d'être stupides. Ce charmant animal avait tout de même réussi à me suivre jusqu'ici. Ce que j'avais pu être naïf de me croire en sécurité sur son terrain de chasse...

Luttant et roulant contre la monstruosité qui s’accrochait de toutes ses forces bestiales à moi, je tombai dans la même pièce où se trouvait le Gardien.

Eh ben, je pouvais maintenant dire adieu à la furtivité pour cette fois.

D’un autre côté, j’espérais surtout que Volteer fasse une fois de plus une démonstration de ses prouesses guerrières. Sale-Gueule n’était pas venu seul. J’entendais déjà les hurlements à glacer le sang de sa horde. Ils étaient nombreux.

Pire encore, ils avaient grand faim.
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Sam 3 Déc 2016 - 17:48

Alors que j’étais en plein hommage à mon ami défunt, j’entendis quelques bruits, d’abord légers, que j’assimilai en premier lieu à de la roche qui tombait de cet endroit en ruine. Ce n’était pas la première fois que je fréquentais des lieux aussi glauque et mal assurés. Les bruits étaient choses courantes, et pouvaient très rapidement devenir l’ennemi de votre esprit, pour peu que vous n’y soyez pas habitué.

Mais ces petits bruits que je pensais ambiants se muèrent soudainement en un cri de douleur à glacer le sang des plus frêles. Je fus bien entendu surpris et ouvrit mon regard doré à nouveau au monde, me levant d’un coup et regardant l’entrée de la pièce.

— Encore-toi, cria quelqu’un qui se trouvait manifestement de l’autres côté. Je ne bougeai pas, restant sur mes gardes. L’entrée était étroite, et si je passais sans être certain de ma sécurité, je pourrais bien me retrouver dans un piège.

Puis le spectacle qui me fut donné devant moi fut pour le moins… Etrange. Un dragon noir plus petit que moi roula à l’intérieur de la pièce avec une étrange créature qui le combattait, dans le flou mouvement du combat qui semblait se jouer, je pus distinguer une forme canine, mais rien de bien plus. Je décidais de passer à l’action. Manifestement, cette créature n’était pas fan de ce dragon. Je voulus d’abord tirer un rayon électrique, mais les chances de toucher l’autre étaient trop grandes. Je chargeai en baissant ma tête et la releva avec assez de précision pour dégager la créature et l’envoyer contre le mur qui s’effrita sous le coup. Je pus ainsi mieux le voir : il s’agissait d’une sorte de loup décharné, aux orbites vides, dont la principale caractéristique semblait être sa gueule. Oh, que c’était intéressant. Jamais je n’avais vu de telles créatures, ni dans ma vie entière, ni dans les livres ou romans, ou contes, ou précis, ou rouleaux, ou parchemins, ou bréviaire, même pas un guide ! Oh, je n’hésiterais aucunement à aller en parler à un libraire, ou un conteur, pour qu’il puisse peut-être le répertorier dans un bestiaire. Hélas, je n’avais pas trop le temps de m’attarder sur cela. Je fis un tour sur moi-même et écrasa la créature, qui lâcha un jappement de douleur,  entre la queue et le mur. Le crâne fut broyé, et du sang s’éparpilla sur le mur. Je lâchai la pression et laissa le corps sans vie tomber. Je regardai ma queue.


— Bravo, que c’est malin ! Regarde ma queue, à présent. Elle est salie par le sang de cette pauvre créature. Moi qui pensais ne pas avoir à faire trop de choses capable de me mettre dans un état misérable, me voilà bien loin de la vérité.

J’étalai un peu de ce sang qui coulait de ma queue contre le sol, dessinant des formes avec le sang sans trop le faire exprès, puis je considérai plus attentivement le dragon qui se tenait devant moi.

Le dragon était bien noir, au corps plus bas, mais trapu. Il avait des yeux dorés, des cornes bien symétriques, avec des pointes à divers endroits. Je ne pus pas prolonger mon observation bien longtemps puisque des rugissements divers survinrent alors aux alentours. La direction était dure à identifier. J’avais l’impression que cela venait de partout à la foi. Etait-ce lui qui venait de rameuter tout ce beau mon ici ? Hélas, pas le temps de tergiverser plus avant. Il fallait plutôt bouger.

— Eh bien bonsoir à vous. Je vais être assez bref, être concis le plus possible afin que nous ayons le temps de pouvoir prendre de l’avance : je ne sais pas vraiment qui vous êtes, ce que vous faites là, etc, mais je vous conseille de me suivre. A deux, nous aurons plus de chances de les tenir, en trouvez-vous pas ? Commençons par sortir de là. La pièce est bien trop exigüe, j’ai besoin d’espace.

Je lançai un dernier regard à cette pièce où j’avais laissé tous mes objets pour rendre hommage au Gardien du feu puis je la quittai.

Une fois dans le couloir, une de ces créatures se tenant dans les trous de la toiture en profita pour sauter dans mon dos. Je fus légèrement déstabilisé mais je ne lui laissai pas le temps de me mordre, sautant tout en me retournant pour atterrir sur le dos et écraser mon adversaire qui préféra plutôt hurler jusqu’à ce que son corps soit complètement broyé plutôt que de me mordre. Je me relevai et regardai le cadavre.

— Quel gâchis que de devoir tuer encore des êtres vivants. Vous savez, je peux les comprendre. Oui, ces créatures ont l’air maléfique à leur apparence et à cause de fait qu’elles veuillent nous tuer, mais finalement, accuser quelqu’un de sa laideur, c’est un peu comme si nous accusions des personnes nées mal formées ou malade. Non, ça ne se fait pas, et on ne peut aussi facilement assimiler la laideur à quelque chose de maléfique. Et puis oui, d’accord, ces créatures ont faim, ont les crocs, comme on dit, mais honnêtement, si vous étiez une créature réanimée par de sombres pouvoirs persistant sur une terre désolée où il n’y a que poussière et vaste plaine stériles à des kilomètres, vous ne seriez pas content de voir quelqu’un à  manger pour ce sustenter ? Ah, je vous pose la question, tiens, oulà…

Je regardai devant moi, et j’avais l’impression que ce groupe de… Choses venait apparaître dans le couloir, à une dizaine de mètres de nous. Décidément, la nouvelle présence du dragon me faisait gagner ma parole, mais perdre ma concentration. Je commençai, pour me préparer, à faire circuler de l’électricité autour de moi, prêt à l’expulser à tout moment.
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Mar 20 Déc 2016 - 4:31

Oh, c’était mal. Vraiment mal.

Complètement pris par surprise, je n’eut pas vraiment le temps d’établir efficacement ma défense. De son côté, Sale-Gueule était dans son élément. La bête mordait mes écailles de ses crocs pourris et enfonçait profondément ses griffes acérées dans mon dos. Je crois même qu’il profita du moment pour me refiler quelques bons coups de tête bien placés. Quelque fut sa stratégie, la créature semblait prête à l’emporter. J’avais beau la cogner et ruer dans tous les sens, Sale-Gueule restait inébranlable dans attaque.

-Merde, me dis-je en sentant une fois de plus des dents tenter de me broyer la nuque, il est sacrément coriace.

Alors que je sentais que la bête pourrait éventuellement prendre le dessus, la providence vint à mon aide sous la forme d’un énorme dragon de foudre. Victime d’un majestueux coup de corne, j’eu le plaisir (et surtout le soulagement) de sentir le poids du monstre s’évaporer de mon dos. Bien qu’un peu sonné pas l’impact que j’avais reçu sur mon crâne, je pu tout de même entendre avec une certaine satisfaction la carcasse de Sale-Gueule s’écraser contre le mur de pierre derrière moi.

-Bon, grommelais-je en me remettant sur pattes, on dirait que ça en fera un en moins…

Bien que je fusse encore un peu chambranlant, je sentais bien que je risquais d’être dans la merde lorsque j’allais devoir expliquer au Gardien ce que je foutais dans un endroit pareil. Toutefois, avant même que je ne puisse trouver une excuse bidon, les hurlements de la meute se rapprochant de nous vint (en quelque sortes…) temporairement à ma rescousse. Alerté par le danger imminent, Volteer mentionna la triste et simple vérité que nous ne tiendrions pas très longtemps dans la pièce restreinte où nous nous trouvions et sembla donc décider que le moment n’était pas bien choisi pour un interrogatoire sommaire. Donc, très poliment, le grand Gardien m’invita à le suivre à l’extérieur du compartiment de pierre où nous aurions probablement de meilleures chances de survie.

-Euh... ? Grommelais-je intérieurement en regardant Volteer s’engouffre dans le passage. Un personnage…intéressant…

Il fallait dire que je m’attendais à quelque chose de plus…répressif, considérant que j’avais brisé la loi en m’aventurant au travers des ruines. Toutefois, j’allais devoir essayer de comprendre la personnalité quelque peu singulière du Gardien plus tard.

À peine à mon tour sortie de la pièce, je vis une autre créature bondir sans crier gare sur le dragon de foudre qui, sans grands efforts, s’occupa plutôt rapidement de son cas. Je fixai avec quelques inquiétudes le cadavre écrasé de la bête. Je n’avais pas très hâte de devoir me frotter à un combattant pareil s’il venait à découvrir la raison de ma venue ici. Je pris note que j’allais devoir trouver une bonne histoire à raconter dans un avenir proche si je voulais éviter de finir moi aussi en une bouillie sanglante…

C’est alors que Volteer se lança dans un impressionnant monologue digne de sa réputation. J’avais déjà, par le passé, entendu des histoires à ce sujet. Toutefois, l’expérimenter de façon réelle avait quelque chose d’envoutant. Par contre, l’apparition d’entre les ombres de la meute vint heureusement briser le sort (une chance, je crois que je serais encore là-bas s’ils ne s’étaient pas pointés ceux-là).  

-Je crois qu’on a de la compagnie. Grondais-je au même moment où le Gardien remarquait l’arrivée des bêtes.

C’est alors que je remarquai que, même si nous étions un peu plus à notre aise, l’environnement n’allait pas être de notre côté. Même si le couloir était bien moins étroit que la petite pièce où nous nous trouvions précédemment, il n’allait pas être possible deux dragons de se déplacer sans raser les murs. Pour leur part, les monstres décharnés qui se lançaient sur nous allaient bien évidement utiliser cela à leur avantage. Ils étaient tout juste assez gros pour s’imposer physiquement et juste assez petits pour se déplacer sans difficulté. Aussi, il ne fallait pas oublier que chacun d’entre eux semblait disposer d’assez de force brute pour nous poser de sérieux problèmes.

Ouais, même en présence d’un Gardien de la trempe de Volteer, les circonstances faisaient en sorte qu’on était plutôt mal barrés…

C’est alors que je remarquai quelque chose de rudement impressionnant. Tout autour de nous, je pouvais distinguer ce qui semblait être de petits filets de foudre danser. Je jetais un regard au Gardien et remarquai qu’il était sans aucun doute à l’origine du phénomène. L’air était électrisé (à un point tel que je crois avoir pris un choc sur le bout de la langue…) et tout semblait être en place pour un sacré affrontement. Instinctivement, je serai les crocs et à peine quelques instants plus tard, ils étaient sur nous.

Pour ce qui est de la bagarre elle-même, mes souvenirs restent très vagues. Je me souviens que tout n’était qu’un tourbillon de griffes, de dents et de grondements sauvages. Alors que nous luttions afin de repousser la meute, je pouvais entendre les claquements de la foudre ainsi que l’odeur de la fourrure brûlée. Je me souviens aussi un peu de l’habileté primale de nos adversaires. Bien qu’ils étaient en apparence sauvages et désorganisés, les membres de la meute savait comment utiliser leurs nombres. Attaquant toujours à plusieurs, ils n’hésitaient pas à briser l’affrontement afin de se reposer et donc laisser la place à d’autres combattants frais et dispos. Le roulement de monstres à affronter ne cessait pas et leur stratégie était on ne peut plus évidente : une guerre d’usure aussi brutale qu’efficace. Bien que la meute fût continuellement repoussée par la puissance déchaînée par le Gardien, elle redoublait toujours d’ardeur et de véhémence dans ses assauts ininterrompues lancées sous le couvert de la pénombre. Tant bien que mal, le poids du nombre commença lentement à nous faire prendre des pas vers l’arrière, nous faisant tranquillement reculer dans les profondeurs du couloir.  

Toutefois, je me rappelle très bien comment nous avons pu mettre un terme à l’affrontement. Alors que je me débarrassais d’une bête particulièrement hideuse, je remarquai quelque chose d’intéressant. Toujours engagé dans la mêlé générale, je pus distinguer au plafond certaines pierres semblant mal encastrées avec leurs voisines. Mieux encore, je pu distinguer la forme d’une poutre traversant le plafond de part en part. Bien que je ne fusse pas architecte, je croyais avoir une petite idée de ce à quoi pouvait servir une poutre de soutient. Eh ouais, c’était probablement l’une des idées les plus téméraires voir stupides que j’avais pu imaginer, mais je n’avais pas trouvé rien de mieux sur le moment…

Au moment où les créatures semblassent se préparer à lancer une contre-attaque finale, j’agrippai solidement le monstre le plus proche tout en évitant sa gueule béante (pour ce qui est de l’haleine, ça aussi je m’en souviens très bien, un peu trop même…).

-Gardien ! Hurlais-je en tentant de me faire entendre au-dessus de la bataille. En arrière !

Puisant dans ce qui me restait de puissance, je balançai en l’air et de toute mes force le féroce canidé. Heureusement, le plafond était bas et la bête vint s’écraser de tout son poids contre la poutre, la faisant voler en éclats. Presque immédiatement, les pierres énormes n’étant plus retenues commencèrent à tomber en révélant derrière elles encore plusieurs autres pièces de roc suivant le mouvement. Presque au dernier moment, je bondis en arrière, évitant de peu une dalle qui devait bien faire dix fois mon poids. Un impressionnant nuage de poussière se forma, irritant ma gorge et altérant ma vue déjà sérieusement handicapée par la faible luminosité.

-Eh ben… Dis-je entre deux toussotements. On dirait que j’suis pas encore mort…

Reprenant quelques peu mes esprits, je pu constater que l’éboulis qui avait été provoqué avait complètement obstrué le couloir nous coupant de tout contacts avec la horde décharnée.

-Eh ? Grommelais-je, en tâtonnant dans la pénombre. Gardien ? Vous êtes toujours là ?

Pour le moment, l’énorme quantité de pierres nous protégeait des bêtes et il était tout bonnement impossible pour elles ou pour nous de dégager le passage (à moins d’avoir les quinze prochaines années à y bosser).  Toutefois, le chemin que j’avais emprunté pour parvenir jusqu’ici était bel et bien condamné jusqu’à nouvel ordre.

Je jetai alors un regard dans le tunnel qui s’étendait derrière moi. Un gouffre sombre et sans fin. Si nous voulions en sortir vivant, tout indiquait que nous allions devoir nous enfoncer encore plus profondément dans les entrailles des ruines maudites.

-Gardien... Dis-je à voix basse sans savoir si Volteer s’était sorti indemne de l’éboulement. J’espère que vous n’avez pas peur du noir…        
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Mar 31 Jan 2017 - 9:38

C’était comme une vague incessante ! A chacune de leurs attaques, d’autres revenaient. Mais ce n’était pas ce qui m’effrayait, bien au contraire ; cela ne faisait que m’enhardir davantage. Je comprenais très bien le comportement collectif de cette meute. Ils n’étaient pas plus nombreux, ni infinis, mais cette stratégie n’était qu’une illusion pour décourager les opposants. Dommage pour eux, j’avais une volonté de fer. Jamais je ne renoncerai !
 
C’était ainsi que je continuais à me battre au côté d’un inconnu que j’acceptai comme compagnon de fortune. Que c’était plaisant, d’avoir un partenaire dans un lieu aussi isolé que celui-ci. Moi qui avait peur de me retrouver seul trop longtemps, j’étais rassuré… Même si les circonstances de cette rencontre étaient pour le moins déplaisante. Mon corps était à présent souillé par le rouge du sang de mes adversaires. Pas partout, mais quand même… Je ne me sentais pas propre, et je puais l’odeur viciée de ce liquide cramoisi.
 
— Gardien ! En arrière !
 
J’entendais mon partenaire hurler du mieux qu’il pouvait pour couvrir le tonitruant bruit des hurlements, raclements de griffes et tumultes de la mêlée générale. Heureusement, je l’entendi et m’exécutai en évitant des coups de crocs d’un bond en arrière. J’atterris sans le faire exprès sur un de ces monstres qui comprit la différence de taille et de poids qu’il y avait entre nous. Je ne savais même pas ce qu’il faisait là, alors il l’avait un peu cherché…
 
—Ah, désolé…
 
Mes mots furent effacés par un geignement puissant d’une bête. Suite à cela, je ne vis pas grand-chose, mais entendis. Un grand fracas de pierre se déclencha alors et une pluie de pierre menaça l’édifice. Tout devint alors noir devant moi. D’instinct, je me baissai et protégeai ma tête avec queue et ailes, écoutant l’infernal tintamarre de l’effondrement en priant pour qu’il ne m’arrive rien. Les premiers cailloux qui touchèrent mes épaules me firent frémir, mais il n’y eut rien de plus grand. Un nuage de poussière avait été soulevé par l’éboulement. Lorsque tout fut fini, je reniflai bruyamment. Mes yeux piquaient aussi légèrement à cause de la poussière soulevée.
 
— Gardien ? Vous êtes toujours là ?
 
C’est à ce moment-là que j’éternuai, suivi d’une quinte de toux qui pourrait en inquiéter plus un de par sa tonalité rauque. Pourtant j’allais bien, j’étais juste harcelé par cette foutue poussière, bien pire que celle des vieux livres de la réserve de la bibliothèque ! Je remuai légèrement la tête et essayait de parler, mais cela me chatouillait la gorge et je toussai de plus belle.
 
— Gardien… J’espère que vous n’avez pas peur du noir…
 
Je levai soudainement la tête. Mon corps s’entoura alors de légers arcs électriques permettant d’éclairer à quelques mètres devant moi. Oh, bien sûr, je pouvais projeter bien plus puissant, mais cela me fatiguerait aussi bien plus rapidement. Cela suffisait, et au moins, mon partenaire me voyait.
 
— Peur du noir ? Non, aucunement, n’allez pas vous embêter avec de tel détail… Oh, à moins que ce soit vous qui ayez peur du noir ? Si c’est le cas, n’ayez aucune crainte à avoir. Mon électricité vous protégera des ténèbres à présent, mais, vous savez, il ne faut pas être effrayé par le noir. Après tout, ce n’est qu’un manque de lumière, et pas une matière consistante – Je ris. Si jamais vous avez peur du noir, je peux vous proposer quelques conseils, tels que dormir avec une toute petite veilleuse, et en baisser l’intensité de soir en soir, ou bien affronter directement votre peur. De toute manière, j’ai l’impression que vous êtes capable de vous débrouiller, étant donné que vous avez entamé une belle rixe avec ces créatures, que je n’avais pas vu, d’ailleurs, jusqu’à ce que vous les rameniez jusqu’à moi. Oh, ne vous en faites pas, je ne vous en tiens aucunement rigueur, ce sont des choses qui, hélas, arrivent. Mais, par le Chroniqueur, qu’avez-vous fais pour les attirer ainsi… ?
 
Je me tus enfin et regardai devant moi. J’avançai légèrement jusqu’à voir que devant moi se trouvait un trou béant : le sol ici s’était partiellement effondré. En contre-bas, on entendait de l’eau couler en petite quantité. Les étages inférieurs de la structure devaient être inondés par un lac souterrain.  On pouvait visiblement continuer tout droit. En tout cas, c’est ce que je pensais en voyant les quelques mètres que ma vision me permettraient de voir. Toutefois, le sol ne risquait-il pas de s’effondrer sous notre poids ?
 
— Bien, j’ai l’impression que nous devons essayer de continuer… Mais qui êtes-vous, exactement ?
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Ven 24 Fév 2017 - 23:06

Enfin ! Il semblait que nous étions maintenant à l’abri des assauts constants des créatures et du restant de leur meute. Nous leurs avions donné du fil à retorde, mais une personne sensée n’aurait pas pu nous donner vainqueur de cet affrontement s’il avait continué. En effet, elles étaient si nombreuses que tôt ou tard nous aurions vraisemblablement été submergés. Au moins, l’éboulis nous protègerait. Tirant l’oreille j’essayai de repérer un quelconque bruit de leur présence. Rien. À part mon compagnon qui entamait la conversation, je n’entendais rien. Toutefois, je doutais que les bêtes en resteraient là. Soit elles étaient à ce moment même en train de se creuser un chemin à coup de griffes ou elles chercheraient une autre voie jusqu’à nous. L’important à comprendre était que nous ne pouvions nous contenter de rester assis là dans la lueur relative projetée par Volteer et ses arcs de foudre à qui justement je devais une réponse (et ma vie d’ailleurs…).

-Comment je les ais-je attirées…Commençais-je.

Soudain, une réalisation me frappa de plein fouet. Je ne pouvais raconter au Gardien ce que je faisais ici. Il était formellement interdit aux Warfangiens de se balader en ces terres inhospitalières et cela en valait de même pour moi, malgré mes allégeances changeantes. Vider mon sac maintenant me vaudrait de gros ennuis et je n’osais même pas imaginer comme il serait terrifiant de subir le courroux de Volteer pour avoir enfreint la loi. Il fallait trouver quelque chose…

-Eh bien, continuais-je un peu incertain de la tournure que prendraient les événements, je me nomme Arboryx et je suis…ahem…marchand. Marchand de tapis, plus précisément !

Bien que je n’eusse pas jugé nécessaire sur le moment de me trouver un autre nom, j’espérais ne pas à avoir le regretter plus tard. J’avais aussi pris soin de ne pas révéler ma véritable profession. Bien que le mercenariat ne fût pas à proprement dit hors-la-loi, il y avait déjà un stigma rattaché que je préférais éviter.

-Je faisais route vers l’ouest avec mon chargement, dis-je en rajoutant un peu de crédibilité à mon mensonge, mais il semblerait que je me suis égaré dans cette contrée. Pas en mesures de retrouver mon chemin, je me suis fait prendre en embuscade par cette meute de dégénérés et j’y aie même perdu mon chariot !

Je feignis la colère en grattant le sol de mes griffes.

-Par les Ancêtres ! Grondais-je. Une cargaison entière de tapis des Steppes ! J’ai tout de même pu réussir à m’enfuir et j’ai, comme vous avez pu le constater, finit par tomber sur vous.

Je m’approchai à mon tour du gouffre.

-Je suis d’accord sur le fait de se bouger, mais pensez-vous vraiment que s’engouffrer dans ce souterrain est une bonne idée ? Je n’aie rien entendu de bon en rapport avec ces ruines...

Plongeant mon regard dans l’obscurité qui s’étendait devant moi, je frissonnais. En effet, quelque chose de mauvais se dégageait de ses murs de pierre et l’air était glacial en plus d’être vicié. Pour le moment, mon plan était simple : j’’allais devoir garder mon rôle de marchand égaré le temps que je serai avec Volteer. Au moins, j’allais sûrement pouvoir disposer de la puissance du Gardien alors que nous explorerions ces catacombes pour écarter ce qui me gênerais dans ma quête du Nehonor. Une fois le fameux objet trouvé, je l’enfouirais discrètement dans mon sac et le tour serait joué. Ne resterait qu’à laisser le grand dragon de foudre nous trouver une sortie, chose que j’étais confiant que Volteer allait faire avec facilité. N’était-il pas un Gardien ? L’un des dragons les plus puissant et ingénieux de notre air ?

-Bon, me dis-je en repensant à mon stratagème, je crois que ça va tenir pour le moment.

Je me retournai vers Volteer.

-Eh bien, nous n’avons guère le choix, pas vrai ? Continuais-je. Donc, je m’en remettrai à votre jugement : Nous continuons ou préférez-vous descendre dans les tréfonds de la terre ?

De mon côté, la dernière option ne me plaisait pas du tout. Mais bon, il faut bien s’attendre à quelques mauvais choix et d’autres encore pires lorsqu’on se lance dans la chasse aux artéfacts maudis…
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Mar 14 Mar 2017 - 10:37

Lorsque j’entendis le dragon qui m’accompagnait répondre à ma demande, je cessai d’examiner le trou qui se trouvait dans le sol pour à nouveau reporter mon attention sur cet inconnu avec qui je partageais bien peu d’espace, dans la pénombre, seulement éclairée de mes quelques éclairs. Il prétendait être un tapissier qui faisait route vers l’ouest, s’était perdu, et devant lui se trouvait le résultat de cette péripétie. Je penchai légèrement la tête tout en l’observant, perplexe, pendant une période de silence que je ne me pensais même pas capable de tenir. Toutefois, mon attention n’était pas sur lui à proprement parler, mais sur une écaille qui s’étaient incrustée dans le flanc de mon camarade de fortune. C’était une des miennes ! Je m’empressai d’aller vers lui et retirai l’écaille en poussant une exclamation.
 
— Ah ! Que je m’incruste partout, c’est fou ! Peut-être que cette écaille est une sorte de métaphore de mon être : s’attacher partout très facilement !
 
Je ris, puis lui sourit.
 
— Je suis sincèrement navré pour votre cargaison, cher tapissier. Alliez-vous à Warfang ? Si c’est le cas, laissez-moi vous raccompagner après nous être sortis d’ici. Je pourrai même vous rembourser une partie de votre chariot une fois de retour, qu’en pensez-vous ? Oh, n’allez pas refuser ma proposition, car si je le fais, c’est par empathie pure pour votre personne. Je sais à quel point il est douloureux de déplorer la perte de marchandises auxquelles nous tenons, particulièrement lorsque nous les avons confectionné nous même ! Vous êtes artisan, n’est-ce pas ? Mais peu importe ; sachez que, dans ma tendre jeunesse, j’ai moi aussi fait le transport de marchandises. De la vaisselle, bah ! Et une fois, j’étais sur une route un peu trop escarpée et bossu, et j’ai renversé une petite centaine d’assiettes en porcelaines ! On m’a grondé, mais il fallait me connaître étant plus jeune, aussi. J’étais un vrai passionné, pris de la fougue que la jeunesse nous instaure… Et je n’étais pas très adroit non plus, il faut le dire, mais peu importe ! Cela ne m’a pas empêché, par la suite, de devenir Gardien. Je suis ainsi l’exemple qui montre qu’avec de la volonté, nous pouvons être la personne que nous voulons. Bien, et où en étions-nous ?
 
Je laissai la question en suspens, car d’autres idées traversèrent ma tête.
 
— Oh, je viens de me rendre compte que je ne me suis pas présenté, bien que vous sachiez déjà qui je suis. Volteer, Gardien de la foudre. Appelez-moi Volteer, cela me conviendra ! D’autres m’appellent « Volt », ou « Volty », et bien d’autres, mais j’aimerais mieux que vous vous en absteniez, je vous prie. Je ne laisse que des personnes plus proches me nommer ainsi, parce que, les surnoms, tout le comme le nom, ont, à mon sens, une signification bien particulière, c’est un peu le prolongement de l’âme, de l’identité, que son nom. Si on perd son nom, on se perd un peu. Qu’en pensez-vous ? Oh, je pourrais parler un bon moment sur ce sujet. Savez-vous, que, à plusieurs reprises, j’ai essayé d’écrire des livres ? De philosophie, surtout, même quelques essais, mais j’en suis incapable hélas ! Je ne peux pas rester en place plus de dix minutes, et je n’ai, à ce jour, trouvé aucun moyen me permettant d’écrire tout en tenant ma langue et mes pensées bien en place. Mais…
 
J’entendis un léger grondement et des raclements provenant de l’autre côté de l’éboulis, me forçant à m’interrompre. Je soupirai.
 
— Ça suffit, dis-je à mon interlocuteur. Nous n’avons pas le  temps de parler, il faut avancer ! Suivez-moi donc. J’ai senti un courant d’air, par-là.
 
Ni une ni deux, je décidai de sauter dans le trou à travers la pierre. Il n’était pas bien profond, quelques mètres. Je retombai sur mes pattes et continuai d’éclairer l’endroit. Il s’agissait d’une salle carrée, avec une seule sortie. Sur les murs, il y avait différents dessins gravés dans la pierre même. On aurait dit des rituels. Je frôlai les gravures de la patte.
 
— Un mal sévissait ici, bien avant Malefor. Bien avant nous, j’en ai des frissons. Je n’aime pas cet endroit.
 
J’avançai vers le couloir, et sentit sous une de mes pattes le sol s’enfoncer un peu plus. J’avais activé une dalle de laquelle je bondis en arrière rapidement, surpris que je fusse. Une lame frôla mon museau pour se planter dans le mur. Je regardai d’où venait le projectile et me rendis compte qu’il y avait des orifices dans ce mur, et les lames probablement bien rangées à l’intérieur.
 

— Pfiou... Et même si ce mal est ancien, ceux qui voulaient protéger cet endroit ont réussi à faire fonctionner ces mécanismes jusqu’à maintenant. La prudence est de mise. Regardez-bien où vous marchez.
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Sam 15 Avr 2017 - 7:18

-Mais comment fait-il pour parler autant ? Me dis-je sidéré par l’impressionnant débit de parole de mon interlocuteur. On dirait même presque que tout ce bordel l’amuse…

Visiblement, l’enthousiasme de Volteer n’avait pas été ébranlé par l’attaque de la meute. De mon côté, bien que je ne fusse pas non plus aussi atteint par ce genre de chose qu’auparavant, je demeurais néanmoins un peu nerveux. Ces Gardiens paraissaient aussi coriaces que disaient les rumeurs qui couraient à leur sujet. L’un des leurs venait tout juste d’essuyer une embuscade et le voilà qui discutait de mon chargement imaginaire de tapis comme si de rien n’était. J’écarquillai un peu les yeux lorsque Volteer me proposa de rembourser ladite cargaison.

-Ce serait très généreux Gardien, répondis-je en me demandant si le Warfangien parlait sérieusement, chevaleresque même.

D’un autre côté, je n’allais quand même pas cracher sur un beau paquet d’argent en bonus non ? Si ça se trouvait, peut-être les autres Gardiens étaient-ils aussi joviaux que Volteer (malgré que j’en doutais un peu, quand même…) ? Peut-être allais-je devoir essayer de garder contact avec Volteer après toute cette histoire ? Qui sait ce qu’on pouvait accomplir dans une ville comme Warfang avec des alliés aussi puissants ?

Toutefois, des grondements et des raclements de griffes provenant de derrière l’éboulis vinrent balayer mes pensées de richesses et de quêtes de pouvoir. N’étant point friands de longs paragraphes de machinations politiques, nos poursuivants décidèrent qu’il était temps de nous mettre la griffe dessus.

-‘Pouviez pas aller voir ailleurs ? Crachais-je à l’adresse des bêtes. Sales dégénérés.

Bien que je doutasse fortement qu’elles puissent traverser les décombres avant de nombreuses heures de travail acharné, Volteer décida qu’il était plutôt avisé de commencer à mettre un peu de distance entre ces atrocités et nous. Même si je nous eus crus en sécurité pour un petit bout de temps encore, il aurait été difficile de contredire un Gardien avec son plan en tête. Oui, nous devions nous bouger de ça il n’y avait aucun doute. Toutefois, ce fut la route que se décida d’emprunter Volteer qui me laissa un peu sur mon appétit. Avant que ne puisse protester, le dragon de foudre se jeta dans le trou qui s’ouvrait à nos pieds.

-Mais qu’est que … ? N’eussè-je le temps de grogner avant que le Gardien n’atterrisse en bas.

Comprenez-moi. Oui, dans mon infinité politesse je lui avait laissé le choix de la route que nous allions emprunter et oui je suis d’accord que l’autre alternative de s’enfoncer dans un couloir de pierre sombre et ancien n’avait rien de rassurant, mais quand même ! Emprunter un autre couloir de pierre sombre et ancien, mais cette fois-ci sous cette même pierre sombre et ancienne ? Il était vraiment sérieux ? N’avait-il point considéré les risques supplémentaires et possibles qui risquaient de nous attendre plus bas et la probabilité plus que suffisante que…

-Hum, grommelais-je en stoppant mes déblatérations, on dirait que Volteer déteint sur moi…

À ces mots, d’autres grognements plus forts s’élevèrent de derrières l’énorme amas de pierres et de décombres.

-J’arrive, j’arrive ! Dis-je en m’empressant de suivre le Gardien dans le tunnel.

Atterrissant derrière lui, je manquai de trébucher. Au moins, la chute ne fut pas longue et je m’en tirai sans trop de dégâts. Arrivé à destination, je lançai quelques regards curieux aux alentours. De son côté, Volteer sembla poser un regard plus attentif que le mien sur ce qui recouvrait les murs de la pièce où nous nous trouvions. Je tressaillis quelque peu lorsqu’il fit mention de ses réflexions quant à l’endroit où nous nous trouvions.

-Avant Malefor ? Dis-je à voix basse. Quel genre d’insanité aurait bien pu précéder Malefor lui-même ici ?

Franchement, j’aurais préféré ne pas le savoir. Prêtant un peu plus attention aux dessins gravés sur les murs, je compris enfin de quoi parlait mon compagnon : Des scènes plus que morbides d’exécutions, de massacres et de d’autres sombres desseins marquaient de façon indélébile la pierre. D’autres inscriptions montrant d’étranges formes presque indescriptibles y figuraient aussi. Étaient-ce des démons ? Des dieux ? L’œuvre, si on pouvait l’appeler de cette façon, était très ancienne et je n’aurais su dire depuis combien de décennie voir de siècles elle avait été achevée.

-Mais quelle civilisation de tordue aurait bien pu vivre ici ? Me dis-je.

Alors que je détournais le regard, je remarquai un détail qui attira aussitôt mon attention. Dessinée sur une autre portion du mur se trouvait quelque chose qui allait très probablement m’aider dans la quête qui m’avait amené jusqu’ici. La scène était pour le moins particulière. Cette dernière décrivait deux formes assaillies par d’étranges créatures volantes semblant se contorsionner sur elles-mêmes. Continuant à lire les dessins, je cru comprendre qu’une lutte terrible avait dû se produire en ces lieux il y avait bien longtemps de cela. Pour les deux premières petites formes, la bataille semblait être perdue d’avance alors que les êtres étranges dessinés dans le roc semblaient prendre le dessus. Passant au travers de quelques dessins dont la signification m’échappait, j’arrivai à celui d’un objet me rappelant vaguement quelque chose. Prenant la forme de ce qui semblait être une pierre grossièrement taillée, cette dernière était entourée de plusieurs traits rappelant ce qui pouvait être des rayons de lumière chassant dans les tréfonds de la terre les créatures cauchemardesques. Il y avait aussi gravé côte à côte dans la pierre ce que je croyais être deux énormes yeux. L’un grand ouvert semblant chercher une proie et l’autre fermé par les rayons émanant de cette même pierre. Une idée commença alors à se former dans mon esprit.

- L’Aveugleur de dieu… Murmurais-je.

Non, c’était fou, inconcevable. J’avais du mal comprendre les inscriptions et qui n’aurait pas été induit en erreur par de vieux dessins pourris datant de on ne savait trop quand. Toutefois, en regardant rapidement à nouveau la scène, les choses n’étaient on ne peut plus claires : Un peuple avait autrefois dû utiliser un artéfact de façon à bannir sous terre de terribles créatures. Ce pouvait-il que ce même objet eût été le Nehonor, l’objet qu’on allait me payer pour aller retrouver ?
Présageant la venue d’un terrible mal de tête, je m’arrêtai de réfléchir.

-Bordel, grommelais-je, je crois que je regrette sérieusement d’avoir accepté ce contrat…

Toutefois, la réalité était que je me trouvais là. Je devais au moins essayer et ces images étaient ma première vraie piste. Comprenant que j’allais peut-être en avoir besoin pour la suite, je pris une image mentale de la gravure. Au moins, je ne risquais pas de l’oublier de sitôt celle-là. Soudain, j’entendis un bruit métallique résonner derrière moi qui me fit l’effet d’un choc électrique dans l’échine. Me retournant d’un bloc vers Volteer, je pu voir ce qui était passé très près d’arriver. Une bonne chance que mon compagnon ne se soit pas avancé d’avantage, je n’aurais pas très apprécié de devoir me frayer un chemin seul en ces lieux.

- Vous avez bien raison Gardien. Répondis-je en m’avançant à ses côtés. On va devoir faire gaffe…

Scrutant avec attention le sol, j’avançai de quelques pas supplémentaires. Continuant à progresser lentement à l’extérieur de la pièce et ne remarquant pas d’autres pièges, je me retournai vers Volteer.

-On dirait que la voie est libre pour quelques mètres devant vous l’ami. Lui dis-je. Je vais ouvrir la marche pour un petit bout de temps. Souhaitez-moi bonne chance.

Bien que je fusse très nerveux par la perspective de rencontrer d’autres pièges aussi sinon plus mortels que celui qu’avait déclenché le dragon de foudre, j’avais tout de même confiance en mes talents d’éclaireur pour repérer d’autres menaces potentielles. Par le passé alors que je participais aux campagnes lancées par ma compagnie, j’avais souvent été sélectionné comme ``volontaire`` pour ouvrir la voie à mes camarades lorsqu’on soupçonnait un guet-apens. Il faut dire que j’avais dû apprendre rapidement les finesses de mes fonctions imposées…

-Espérons que je n’aie pas trop perdu la main…

Pendant je ne sais trop combien de temps, Volteer et moi avançâmes dans le couloir. Le Gardien avait vu juste. Plusieurs dalles anciennes dissimulaient toujours à ce jour de dangereux pièges. Au moins, nous pûmes aisément ceux-là car, bien qu’ils fussent ingénieux, les pièces de pierres déclenchant les mécanismes n’étaient pas aussi subtiles qu’auparavant et il arrivait souvent que ces dernières dépassent leurs voisines de quelques centimètres. Toutefois, au fur et à mesures que nous avancions, mon assurance ne cessait de réduire comme peau de chagrin. Je ne savais trop pourquoi, mais j’avais l’étrange impression qu’une aura maléfique émanait des murs engravés de symboles anciens qui nous cernaient de toutes parts. Même que je cru à quelques reprises d’entendre un bruit de fond ressemblant à un bourdonnement presque imperceptible au départ. Par contre, ce dernier se faisait de plus en plus fort alors que j’avançais. Quelques minutes plus tard, le bourdonnement se transforma en ce que je cru être des chuchotements. À plusieurs reprises, je me retournai rapidement croyant que quelqu’un ou quelque chose me soufflait des phrases insensées à l’oreille pour ne finalement que trouver un Volteer silencieux marchant derrière moi. Par contre, j’écartai rapidement l’étrange phénomène.

-Seulement le stress… Me dis-je avec incertitude en continuant à poser lentement une patte devant l’autre.

Après une marche qui me sembla durer une éternité, Volteer et moi arrivâmes à un croisement. En effet, deux chemins ressemblant en tout point à celui que nous venions d’emprunter divergeaient dans des directions complètement différentes. M’arrêtant d’un bloc, je me rendis compte que je devais m’arrêter de marcher. Une grande fatigue semblait s’être emparé de mon corps. Je ne me sentais plus très bien.

-Peut-être devrions-nous prendre une pause ? Adressais-je à Volteer en m’adossant contre l’un des murs, faisant mine de rien. Qu’en dîtes-vous ? Peut-être pourriez-vous aller voir où l’une de ces routes nous mène ? Ne vous inquiétez point, je vous attendrai ici… Ajoutais-je en prononçant les mots comme si quelqu’un d’autre parlait à ma place.

Lentement, mais sûrement, je commençai à me sentir léthargique. Le bourdonnement dans mes oreilles ainsi ce qui semblait être les chuchotements semblaient s’être intensifiés. Les gravures sur les murs semblaient se mouvoir entre elles-mêmes. Était-ce cet endroit qui faisait effet sur moi ? Ou était-ce plutôt simplement un peu de fatigue ? Toutefois, je n’avais point l’intérêt ni l’énergie pour débattre de cela maintenant.

En effet, quelque chose enfouis plus loin dans les ruines semblait…m’appeler.
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Sam 26 Aoû 2017 - 16:09

Je me massai le museau, toujours conscient que j’ai failli le perdre à cause d’une erreur de débutant. Sérieusement ; je me trouvais en ce moment même dans un Temple autrefois en possession de Malefor, duquel sont gravés dans le roc d’étranges dessins faisant probablement référence à des rituels macabres. Comment ne pouvais-je pas être sur mes gardes et ne pas penser que l’endroit renfermerait de grands dangers ? La réponse vint vite ; elle était stupide, mais cela n’empêchait qu’elle permettait d’expliquer ce manque cruel d’attention de ma part : cela faisait longtemps que je n’étais pas parti à l’aventure. Ah ! Terrador me l’avait dit cent fois, que de rester dans ce temple et se limiter à quelques visites de Warfang ne serait pas bénéfique sur le long terme. Je m’étais sans aucun doute trop habitué au confort du quotidien, et même si je m’entrainais toujours à la pratique du combat et de la foudre, il n’en demeurait pas moins que mon expérience du combat s’obscurcissait. Oui, Terrador me l’avait dit, et maintenant j’en payais un peu le prix. Au moins, cette grande excursion me permettait de retrouver quelques bases. Cet ancien temple n’était peut-être pas le meilleur endroit pour se réhabituer, mais au moins, la difficulté de l’exercice m’obligerait à rapidement retrouver mes réflexes. Je m’étirai et remuai un peu les épaules pour garder mes muscles en activité.
 
Alerté par les frottements métalliques de la lame contre la roche, mon compagnon de fortune fit volte-face pour me rejoindre. Il ne semblait pas vraiment rassuré, et regarda devant lui la route que nous comptions emprunter. Il scruta un peu le sol et proposa de passer devant. L’initiative me paraissait bien curieuse pour un simple marchand de tapis. Beaucoup auraient préférés me laisser devant, car j’étais sans doute la personne avec le plus de connaissance et capable de déjouer des pièges. Oui, maintenant que j’en avais croisé un d’un peu trop près, je risquais de redoubler d’attention.
 
— Est-ce bien raisonnable, Arboryx ? Peut-être devrais-je guider la voie…
 
Ma phrase n’était même pas compétée que déjà le dragon était passé devant, mesurant chacun de ses pas avec une précaution admirable. Inquiet des risques qu’il prenait, je me tus et ne tardai pas à suivre, les muscles prêts à réagir si jamais un danger soudain devait survenir. Il ne s’agissait plus uniquement d’exploration ici, mais bien de protection : mon devoir de Gardien m’obligeait à faire attention au camarade qui se retrouvait coincé avec moi. Mon rôle était de protéger mes semblables, et je ne comptais pas faire autrement.
 
J’avais l’impression de m’inquiéter pour rien, puisqu’au fur et à mesure que l’on progressait, Arboryx semblait très bien s’en sortir, décelant les pièges, qui étaient souvent des plaques de pressions, parfois grossièrement placé, et parfois avec une minutie terrifiante : certain ne tenaient vraiment pas à ce que des intrus progressent dans les parages. Mais des pièges cachaient forcément un secret. Que pouvait-on bien essayer de dissimuler ici, autrefois ?
 
Au bout d’un moment, je perçus d’étranges sons, très faiblement. Je me disais qu’il s’agissait simplement d’une illusion de mon esprit, un son produit par ma propre ouïe à cause d’un phénomène dont j’ignorais tout, mais plus j’essayer de passer outre cette impression de son, plus elle semblait persister et s’intensifier. Je pus entendre comme l’écho lointain d’une voix qui susurrait des syllabes indistinctes, sans réel sens pour moi. Etait-ce une langue ancienne, dédiées à une quelconque cérémonie ? Etais-je en train de devenir fou ? Non, bien sûr que non. Mais cette voix. Etait-elle une manifestation de mon esprit ? Gardant mon calme malgré cette étrange voix, je regardai mon partenaire qui semblait se faire un peu plus hésitant : il regardait davantage derrière lui. Oui, quelque chose se passait, et c’était cet endroit qui semblait le provoquer.
 
Nous arrivâmes à la fin du couloir piégé. Devant nous se profilait deux chemins, l’un allant à gauche, et l’autre à droite. Le silence était si lourd, que j’eux envie de le briser, bien plus envie que d’autres fois. Arboryx s’en chargea pour moi, ce qui me fit légèrement sourire. Hélas, mon rictus ne dura point, puisque je remarquai que mon camarade infortuné s’était adossé contre un mur. Il semblait fatigué.
 
— Une pause ? Je ne me sens pas fatigué, mais je peux comprendre votre état. Après tout, j’imagine que courir jusqu’ici n’a pas été chose aisé, et puis, il y a toutes ces émotions véhiculées en un rien de temps ! Je suis habitué à ces choses-là, mais peut-être pas vous, non, bien sûr.  Par contre, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de nous séparer, même un court instant. En restant ensemble, nous avons plus de choses de pouvoir nous entraider en cas de problème. Oh, et si j’ai bien appris quelque chose dans ce genre de lieux « maudits », c’est qu’il faut que l’on se dise tout, même si cela peut paraitre peu important ou stupide. Cela permet de nous rassurer, et même de confirmer certaines choses. Par exemple : j’entends parfois une sorte de voix murmurer. Est-ce que vous avez les mêmes choses ? Oh, et tant qu’on y est, peut-être que votre soudaine fatigue vient de là ? Si tel est le cas, nous ne sommes pas dans une bonne situation. Je vais attendre avec vous que tout rentre dans l’ordre. Nous continuerons après, rien ne presse.
 
Du moins, c’était ce que j’espérais. Je vins m’allonger en face de lui et soupirai. La voix semblait avoir disparue pour ma part. Quels étaient donc les mystères de ce lieu ? Il fallait que je continue de garder la conversation avec Arboryx : dans cette situation, l’un était complémentaire à l’autre. Nous pouvions nous rassurer, parler, ne pas céder à la paranoïa ou la folie. C’étaient des symptômes courants lorsque l’on errait trop longtemps dans un lieu désolé, que le superstition voudrait que l’on croit hanté d’un mal qui, soit n’exister pas, soit essayé de vous faire perdre la tête.
 
— Avez-vous fait un entraînement militaire avant de devenir marchand ? Vous réagissez un peu comme un éclaireur. Vous semblez bien observer, et la manière dont vous avez voulu passer devant me fait penser que ce n’est pas la première fois que faites cela ; sinon vous auriez préféré que je prenne les devants, ce qui aurait été plus naturel. Parlez-moi un peu de votre passé, si vous le voulez bien. Je pense que cela nous fera du bien à tous les deux. Je peux vous proposer de faire de même, si vous ne vous sentez toujours pas de repartir d’ici là !
 

J’accompagnai ces paroles d’un sourire. Mon optimisme naturel allait encore bien aider, ce coup-ci, je le sentais. En y songeant, j’étais heureux d’être ainsi : j’étais, pour certain, une sorte d’éponge, capable d’absorber les angoisses et les craintes des autres. J’étais la lumière dont beaucoup avaient besoin pour ne pas crouler sous un monde qui pouvait parfois paraitre bien sombre. Comme beaucoup auparavant, j’étais cette lueur dans les ténèbres.
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MessageSujet: Re: Un mal éternel (Privé : Volteer, Arboryx) Jeu 28 Sep 2017 - 17:43

J’écoutais Volteer parler et il fallait dire que le ton rassurant du Gardien calmait ce qui semblait se dérouler dans ma tête. Du moins, ce que je croyais qui s’y déroulait. Les murmures et le bourdonnement dans mes oreilles devaient provenir de mes nerfs qui commençaient à flancher. Je ne pouvais pas concevoir une autre explication valable. Oui c’était ça, ou bien je ne souhaitais pas confronter la possibilité que quelque chose d’autre semblait vouloir m’affecter alors que nous étions piégés dans ces ruines souterraines. Ces inquiétants phénomènes étant calmés par la conversation que menait le maître de la foudre, je repris lentement le contrôle de mes sens et tentai de cacher le trouble qui m’affectait. Je ressentais toujours cette terrible fatigue qui s’était abattue sur moi, mais au moins nous pouvions prendre une pause.

Continuant d’écouter un Volteer souriant, mon cœur ne fit qu’un tour lorsque ce dernier me questionna quant à une quelconque expérience militaire. En effet, bien qu’il ne fût pas inhabituel pour d’anciens soldats de se lancer dans de nouvelles carrières, je ne devais essayer de ne pas m’empêtrer dans une toile de mensonge que j’aurais moi-même tissée. Volteer avait-il flairé une once de malhonnêteté chez moi ?

-Moi, un soldat ? Quelle étrange idée ! Répondis-je en ricanant sur un ton semblable à un délire fiévreux.Je n’aie acquis que quelques notions lors de voyages avec mes cargaisons. Un marchand doit bien apprendre à se débrouiller pour éviter les brigands de grands chemins, non ?

Tout ça sonnait faux. Horriblement faux. Les mots étaient les miens, mais on aurait dit que quelque chose les avait prononcés à ma place. À mon grand désarroi, l’étrange influence semblait être de retour…

Malgré ce que je pensais de ma petite mascarade, le mensonge restait plausible, mais ne sembla pas convaincre totalement le Gardien. De toute façon, que pouvais-je faire ? S’il apprenait les raisons de ma présence ici, j’étais un dragon mort. Ainsi dans la même veine, j’inventai rapidement quelques histoires bidonnes de mes voyages de marchandage sur le continent. Toutefois, encore là rien ne semblait bien passer. Même lorsque ma vie était en jeu je ne pouvais pas produire une histoire convaincante. Mais enfin ? Pourquoi m’obstinais-je à mentir ? Volteer ne m’avait point menacé d’aucune sanction et ne s’était montré hostile à aucun moment. Certainement, il comprendrait ma situation. Nous étions tous deux dans le même pétrin, je pouvais probablement compter sur lui pour m’aider, pas vrai ? C’est en commençant à réaliser mon erreur que je remarquai un détail. Lentement, mais sûrement le bourdonnement et les chuchotements étaient de retour. Pire encore, ceux-ci se faisaient de plus en plus insistants.

Non... Ne sois pas idiot… Il te tuerait sans hésiter s’il apprenait…Il sait que tu mens…Tu perds du temps, il ne t’en reste plus beaucoup…

-Ils ont raison. Me dis-je une horrible paranoïa me prenant à la gorge. Je ne peux pas lui faire confiance…

Sans m’en rendre compte, j’avais commencé de façon très peu discrète à grommeler des bribes de phrases sans vraiment de sens. Toutefois, ce fut mes prochaines paroles qui devaient sceller la suite de cette mésaventure.

-Trouver le Nehonor…oui c’est ça. Il faut trouver la pierre. Dis-je soudainement en écarquillant grand les yeux.

L’appel était fort. Trop fort pour que je puisse m’empêcher de le suivre.

-Volteer, dis-je au Gardien en me levant, entendez-vous ? C’est un signe.

Rapidement et ce sans attendre mon compagnon d’infortune, je m’engouffrai dans l’un des tunnels sombres qui s’ouvraient devant nous. S’il m’appelait à ce moment-là, je ne l’entendis pas. Progressant rapidement dans le souterrain, je savais bien que rien ne pouvait me faire le moindre mal. Les pièges ne se déclencheraient pas maintenant. J’en étais convaincu, on m’en avait assuré. Je ne sais trop pendant combien de temps je déambulai dans ce dédale de galeries anciennes. Ici, le temps ne répondait pas aux mêmes lois qu’ailleurs. Les murs dégageaient toujours cette lueur verdâtre et semblaient se mouvoir, mélangeant ainsi leurs hiéroglyphes pour en former de nouveaux et donc créer d’autres occultes prophéties vieilles d’époques immémoriales. Plus je progressais, plus je pouvais entendre que les incantations qui avaient jadis été prononcées ici se faisaient de plus en plus bruyantes. Continuant à suivre l’appel, je fus guidé jusqu’à une grande pièce semblable à celle où Volteer et moi avions atterris il y a de cela je ne sais combien de minutes, d’heures, de jours ? Et Volteer justement ? Où était-il ?

-Quelle importance ? Me dis-je dans une voix qui n’était pas la mienne.

Je touchais au but. Ici, les mots que j’avais entendus jusque-là prononcés à voix basse ressemblaient maintenant à un torrent comme si une foule innombrable les scandait furieusement. Pénétrant dans la pièce, je repérai un hôtel grossièrement taillé dans la pierre qui construisait cet endroit. L’intérieur était décoré par d’étranges sculptures aussi effrayantes qu’anciennes. Toutefois, je n’y prêtai guerre attention. En effet, toute ma concentration était braquée sur ce qui se trouvait sur l’hôtel : un rustique cylindre en pierre. En temps normal, l’objet n’aurait jamais piqué l’intérêt de l’aventurier moyen, mais dans mon cas la situation était tout autre. Je savais que quelque chose s’y trouvait dissimulé. Tendant une griffe, je soulevai d’un coup le cylindre. Aussitôt que je m’exécutai, une lumière aveuglante en jaillit. Mes yeux brûlant de mille feux, je me jetai en arrière en hurlant. Balayant l’air d’une patte, j’attrapai par hasard la chose qui avait été caché sous le contenant.

-Mes yeux ! Bordel je ne vois plus rien ! M’écriais-je en m’écrasant par terre.  

Complètement aveuglé, je grognai de douleur. On aurait dit que quelqu’un m’avait collé un coup de gourdin derrière le crâne. Toutefois, malgré cette pénible expérience, je remarquai que les voix s’étaient tues. Le bourdonnement dans mes oreilles aussi avait disparus et laissait maintenant place à un silence inquiétant. Revenant enfin à la réalité, je compris alors ce qui s’était passé. À mon grand désarroi, j’avais laissé le mal qui rôdait ici m’influencer. Soudain, je pensai à mon compagnon.

-Volteer ! Grondais-je en balayant la pièce de mon regard toujours aveugle. Où êtes-vous ?

Lui était-il arrivé quelque chose ? Si s’en était le cas, cela aurait été de ma faute.

-Désolé Gardien, continuais-je sans savoir si le grand dragon pouvait m’entendre, je crois que j’ai merdé. Putain de contrat…Ah merde, ajoutais-je en réalisant ma bourde, eh bien, mentir ne sert plus à rien maintenant je crois si vous avez entendu ça…De toute façon, on ne sortira pas vivants d’ici.

Lentement, ma vision commença à me revenir. Se faisant, je remarquai que je tenais toujours dans ma poigne la chose qui m’avait aveuglé. Baissant tranquillement un œil craintif, je pu voir ce dont il s’agissait. Serré entre mes griffes se trouvait une sphère. Polie comme à la façon d’une perle, l’artefact était d’une couleur rouge profonde comme un abysse. Mon sang ne fit qu’un tour lorsque je commençai à réaliser ce que je tenais dans ma patte. Bien qu’au départ je ne savais pas exactement ce à quoi ressemblait l’objectif de ma quête, l’aura de malignité que dégageait cette chose m’avait convaincu que j’avais réussi à mettre le grappin dessus.

Aussi dangereux ce fusse pour moi ou pour celui que j’avais impliqué dans ce bourbier, j’avais trouvé le Nehonor.  
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