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Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor)

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MessageSujet: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Dim 10 Sep 2017 - 0:13

Ordre des réponses : Igniis - Strenth - Malefor


La chaleur était intense en cette journée dans le désert mais celle-ci allait bien vite se refroidir car la nuit, la terrible, allait tomber sur nous et nous laisser seuls dans le froid légendaire des déserts sous les Lune dans le noir total. Noir total ? Non, car, même lorsque les ténèbres sont là, il y a toujours une lumière, si le ciel est dégagé, pour nous guider sur notre chemin...

Devant nous, à quelques kilomètres, un éclaireur nous certifia qu'il y avait un village... Le fameux village du désert de Namiraba... C'était là-dedans que le général en chef avait été fait prisonnier. Il devait sûrement vivre certains sévices vu l'endroit dans lequel il était. Mais, en cela, je n'en étais pas certain : peut-être l'avait-on juste enfermé ici calmement car ce lieux était le plus "protégé" face à nous, les forces de Warfang et de Garius. Toutefois, il allait falloir s'attendre à tout par ici...

Je me souviens que j'étais déjà venu dans le désert, lors de mes dix ans où je cherchais la rédemption, lors de mes dix ans où j'ai exploré le monde. Mais je n'étais jamais allé dans ce village. Jamais. En effet, je n'étais venu que pour chasser quelqu'un tel un bon mercenaire et je l'avais laisser crever dans le sable pour ne pas gaspiller de mon temps. Je me souviens, il ne connaissait aucunement mon nom mais allait se souvenir, même après sa mort, de mon visage : je lui avais transpercé le torse... Difficile de survivre après cela. En tout cas, tout ce que je savais de ce village était qu'il était dangereux... surtout pour ceux qui n'étaient pas des criminels recherchés de partout ! Vous croyez qu'un roi est un criminel recherché de partout ? Peut-être ! Et ça me ferait marrer si jamais c'était le cas !

Je me retournais vers ceux qui m'accompagnaient avant de leur dire à voix basse :

- Bien... Nous allons nous reposer ici ce soir. Il y aura des tours de gardes et des éclaireurs pour nous donner un compte-rendu détaillé de ce qu'on peut voir du village et des possibles entrées et passages qui pourraient nous être avantageux. Qui se désigne pour aller partir en éclairage ? Et vers quel période de la nuit vous voulez faire votre tour de garde ?


Je suis un guerrier aguerris. Mes cicatrices sont chargé d'un grand et triste passé. Je suis... Igniis !
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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Jeu 14 Sep 2017 - 23:56

On pouvait dire de Strenth, lorsqu’on le connaissait très bien (ce qui n’était le cas que de sa personne), qu’il détestait beaucoup de choses. Mais, pendant qu’il marchait dans c désert aride, sec, chaud, il lui sembla qu’une seule chose pouvait être le sujet de haine pendant des heures : les déserts. Non, ce n’était pas tant ces paysages de dunes infinis qui le dérangeait, après considération… C’était quelque chose qui sentait sur son corps, qui l’alourdissait, lui pesait, même. Oui, c’était ça…
 
La chaleur !
 
Qu’est-ce qu’il pouvait détester les températures d’été. Il préférait largement le printemps, où le soleil lui apportait une plus douce présence. Un désert était la personnification même de l’été, le soleil immortel sur cette terre. Tout mourrait ici, et seul le sable, l’élément qui recouvrait l’herbe et la roche, régnait en maître, imposant son manteau doré sur des kilomètres interminables. Quelle horreur…
 
Inutile de dire que sous un tel état d’esprit, la marche (parfois vol, cela dépendait des moments) fut longue et éreintante. Il n’en vit jamais le bout, et pensait encore devoir marcher un moment lorsqu’il vit le soleil disparaitre au profit de la lune et sa face blafarde. Heureusement, un éclaireur envoyé au préalable permit d’identifier leur objectif non loin, dans les parages.  Strenth se demandait tout de même comment ils allaient procéder. De ce que le maître-espion avait pu comprendre, le village était pris par l’ennemi, et des troupes alliées y étaient captives. Ils n’allaient tout de même pas rester dans ce désert réputé pour ses nombreux dangers ? Oui, le climat était plus propice au repos en soirée, mais cela ne retirait pas tous les soucis…
 
Lorsqu’Igniis déclara qu’ils s’arrêteraient ici, Strenth soupira. C’était un acte d’une naïveté incroyable, selon lui, mais peu importait. Il devrait simplement faire en sorte de rester sur ses gardes. Toutefois, la proposition d’être un garde de nuit ou un éclaireur le rassura un peu. Lorsque le souverain demanda des volontaires, Strenth ne se fit pas prier et leva la patte.
 
— Si personne n’est contre, je souhaiterais partir en éclaireur. Je n’en ai jamais fait, mais j’ai confiance en mes capacités, et puis… Je meurs de froid, alors me dégourdir un peu les pattes ne me fera pas de mal. Ce n’est pas trop dangereux, n’est-ce pas ?
 

Il laissa la question en suspens et regarda distraitement les environs, essayant de ne pas croiser du regard un des soldats ou même Igniis.
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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Mer 11 Oct 2017 - 7:16

 Depuis un bon quart d’heure, Béliaroc toisait d’un regard de pierre la foule qui s’était agglutinée au centre du village de Namiraba. Bien qu’il ne fût jamais quelqu’un de nerveux, le soldat savait très bien que la situation était tendue. Même s’il connaissait au préalable la réputation de Namiraba pour être un repaire de bandits et de brigands, s’y tenir en faisant mine de ne pas vouloir raser jusqu’à la dernière pierre cet endroit de perdition relevait de tout un défi pour lui. En effet, il ne lui aurait fait ni chaud ni froid d’ordonner au détachement qu’il commandait de mettre à feu et à sang ce trou perdu. Toutefois, la mission qu’il s’était vu confiée aujourd’hui requérait un brin de subtilité auquel il n’était pas habitué et cela mettait son humeur à rude épreuve. De plus, les choses semblaient s’être compliquées dès son arrivée au village.

-Un beau comité d’accueil. Gronda-t-il en continuant de fixer le groupe qui ne cessait de croître. Espérons pour lui que Slesh ait fait le reste de son travail, le cas contraire me donnerait une bonne raison de l’étriper vif.

Ça, le dragon bardé de fer commençait à en douter. Les gens qui venaient à sa rencontre n’avaient rien qui présageait une quelconque coopération. En effet, la grande majorité d’entre eux étaient visiblement ces mêmes bandits qui mettaient à sac la région depuis un certain temps déjà. Des dizaines et des dizaines étaient au rendez-vous et arboraient leur air le plus menaçant. Bien qu’aucun n’était armé, Béliaroc se doutait bien que plusieurs dans ce groupe hétérogène de guépards, d'hybrides et dragons de toute sorte devaient avoir dissimulé un petit arsenal à portée de griffe au cas où. Un faux mouvement et la situation pouvait facilement dégénérer et même si le grand dragon se plairait à faire rouler quelques têtes, faire échouer la première partie du plan lui était insupportable. Comme pour miner davantage son humeur, cette éventualité s’était presque présentée lorsque son groupe s’était approchée du village à peine un quart d’heure plus tôt.

-Ne l’abîmez pas trop soldats. Ordonna-t-il en se retournant vers les dix dragons se tenant derrière lui dont certains distribuaient tour à tour un coup à une forme enchaînée gisant sur le sol poussiéreux. Il faudra bien qu’il en reste quelque chose. Surveillez les caisses, ajouta-t-il en désignant de lourds coffres de bois posés par terre, personne ne doit les ouvrir. Ordre de Malefor.  

-Comme si c’était fait. Répondit l’un des soldat en indiquant à ses comparses de cesser leur manège et de plutôt s’occuper de la cargaison.

Béliaroc jeta un regard à l’individu malmené. Le dragon couché par terre avait été sacrément secoué, mais il vivrait. À quoi donc cet idiot avait pu penser ? Tirer un carreau d’arbalète sur un groupe de guerriers de Malefor, quelle idiotie. Mort aux Légions noires ! Avait-il crié alors que le projectile l’avait manqué de quelques centimètres pour ensuite toucher l’un de ses soldats. La suite n’était que trop prévisible et le fautif avait rapidement été capturé. Toutefois, même s’il avait permis à ses guerriers d’exprimer leur frustration, Béliaroc leur avait formellement interdit de tuer leur prisonnier. Non, le général souhaitait avoir une preuve vivante à tendre sous le museau de Slesh pour bien lui mettre dans le crâne qu’il avait en partie échoué. En effet, son rival avait comme devoir de préparer le terrain pour éviter qu’un tel événement ne se produise. Résultat, un soldat d’élite, la crème des armées de Malefor, avait été atteint par un simple crétin armé d’une vieille arbalète… Essuyer des pertes et des blessures n’avait rien de nouveau pour Béliaroc, même que cela ne l’avait jamais dérangé. Les soldats mourraient par milliers en temps de guerre, comme dans le bon ordre des choses. Toutefois, laisser un vulgaire brigand s’en prendre à un légionnaire consistait pour lui en une insulte suprême demandant réparation.

Soudain, brisant son fil de pensées, Béliaroc sentit une présence se glisser à ses côtés.

-Je vois que vous vous êtes rendus à bon port. Siffla Slesh en se curant nonchalamment une griffe suivi de près par deux de ses sbires vêtus de capes noires. Votre arrivée n’a pas été aussi discrète que prévue. Au moins ils semblent tous être là. Vous vous êtes occupé du chargement ? Ajouta-t-il en jetant un regard à l’important groupe de racailles de Namiraba.

Béliaroc se tourna d’un bloc vers les nouveaux venus.

- Oui et je crois que tu as certaines choses à expliquer. Dit-il, furieux en désignant le prisonnier. Cet imbécile à blessé l’un de mes soldats. Il était de ton devoir de t’assurer de relever les menaces qui nous attendaient ici !

Comme pour ajouter un brin de sévérité aux propos de son chef, le guerrier en question leva la visière de son casque pour montrer à tous son orbite droite vide et sa lèvre supérieure en partie arrachée dans un sourire de crocs acéré maintenant continuel par la monstrueuse cicatrice.

-Béliaroc, susurra Slesh, tu portes trop d’attention aux détails sans importance. Nos fiers dragons ne vivent que pour servir le dessein de leur maître et sont fins prêts à y sacrifier une partie d’eux même dans notre grande guerre.

-Notre maître, ton maître à toi aussi Slesh. Cracha-t-il, dominant son collègue de toute sa hauteur. Maître qui t’avait ordonné de prévenir ce type d’incident ! Être à la tête des Subterfuges de notre seigneur ne te donne pas le droit de faire comme bon te semble ! Tout ça pour une poignée de coupes jarret…

Slesh se contenta de jeter un regard amusé sur le grand dragon noir.

-Tsss, tu n’as jamais eu l’esprit assez fin pour les affaires d’état. Rétorqua-t-il narquoisement. Bien sûr, notre maître à certains plans pour ces mêmes messieurs que tu affectionnes tant. Ah oui, avant que je n’oublie, je crois que je devrais te mettre au parfum avant que nous ne poursuivions.

-Qu’est-ce que tu veux dire pas là ? Dit Béliaroc en posant un regard ardant sur le dragon rouge.

-Si cela peut te consoler, j’étais bien au courant de ce qui se passerait à votre approche du village. Chuchota Slesh en opinant du menton vers le prisonnier qui commençait à reprendre ses esprits. Ne t’en fais pas trop avec cela tout se déroule comme prévu, au grand bonheur de Malefor. Ce petit accroc que tu déplore tant facilite agréablement ses visées ici. Maintenant tiens bien ta langue ! Le spectacle ne fait que commencer.

-Quoi ? Gronda furieusement le général en avançant d’un pas vers son comparse.

Toutefois, bien qu’il pût parfois être pris par une colère froide, Béliaroc s’empêcha de commettre une erreur qui n’aurait que renforcé la crédibilité de Slesh. Choix avisé, car au même moment, une silhouette imposante pénétra dans l’enceinte du village.

-Je vois que tout est en place. Dit Malefor de sa voix caverneuse. Bien.

Comme il était coutume avec le Maître Noir, ce dernier semblait toujours se matérialiser de nulle part d’entre les ombres en tirant assurément profit de ces dernières dans ce soleil de fin d’après-midi. À l’exception de Slesh qui ne se contenta que d’esquisser un sourire mauvais, Béliaroc et ses soldats furent vraisemblablement pris par surprise. Néanmoins, tous les serviteurs de Malefor présents s’inclinèrent prestement à l’arrivée du chef de guerre. Toutefois, du côté des brigands, la vue du grand dragon violet eu l’effet d’un vent de panique. En effet, nombre d’entre eux n’étaient pas prêts à poser le regard sur le mal incarné.

-Restez où vous êtes ! Gronda Béliaroc alors qu’un groupe de bandits semblaient prêts à prendre la poudre d’escampette. Ceux qui oseront quitter en présence de notre Seigneur en paieront les conséquences !    

Les paroles du guerrier eurent l’effet d’une douche froide et les principaux intéressés semblèrent figer sur place, les muscles tendus par la tension qui avait envahie l’atmosphère depuis l’arrivée de Malefor.

-Merci général. Déclara calmement le Maître Noir en passant à côté de Slesh et Béliaroc, les faisant tout deux paraître chétifs en raison de son impressionnante stature.

Malefor s’arrêta à quelques mètres en face de la foule visiblement mal à l’aise par sa seule présence. Même les vautours et autres charognards qu’on pouvait habituellement entendre rugir alors qu’ils rôdaient dans les étendues inhospitalières du désert se faisaient étrangement silencieux. Pour quelques instants encore, le seigneur se contenta de balayer du regard les brigands qui en avait encore assez en dedans pour poser des yeux incertains sur sa sublime prestance.

-Peuple de Namiraba, dit-il en brisant le lourd silence qui jusque-là régnait en maître incontesté, rien ne sert de prendre peur. Si mes fidèles et moi-même étions aujourd’hui venus en ennemis, nous ne tiendrions pas cette discussion. Non, fiers habitants du désert, la raison de notre venue aujourd’hui est de vous proposer un projet. Un projet qui vous hissera aux sommets de la puissance même, un destin vous étant injustement arraché par certains royaumes ne tolérant point de voir votre communauté se développer comme elle est en droit de le faire !

Pour quelques secondes, le grand dragon violet laissa la suite en suspens. Maintenant, au lieu de faire face à une foule terrifiée, son discours semblait plutôt avoir capté l’attention des villageois alors visiblement intéressés par ses dires. Bien.

-Je vois aujourd’hui un peuple soumis à l’injustice et à l’attitude prédatrice d’états despotes comme Garius, Warfang ou les Badlands ! Des empires sans scrupule qui ont pendant des générations persécuté et forcé vos ancêtres à l’exil et à une vie de misère en ce lieu sans merci. Si je suis aujourd’hui venu à votre rencontre, c’est pour vous annoncer que cette époque est maintenant révolue ! Terminé est le temps d’être piétiné par les armées de ces lâches car maintenant débute l’ère de l’armée invincible de Namiraba !

À ces mots, Malefor se retourna vers les gardes surveillant le chargement de caisses, les intimant du regard à en montrer le contenu aux brigands. S’exécutant, les soldats brisèrent les loquets de quelques coups d’hallebarde bien placés et les ouvrirent une par une. Les meilleurs armuriers du continent auraient pâli d’envie en découvrant ce que chacun des coffres contenait.

-En gage d’honnêteté, poursuivit le seigneur de guerre en ignorant les murmures parcourant la foule, mon clan vous fait tribu d’outils vous permettant de mener à bien cette grande entreprise qu’est la nôtre : les meilleures armes que le monde ait connues. Épées, lances, haches toutes forgées par les artisans de la Citadelle ! En quantité bien plus que suffisante pour équiper chaque âme souhaitant se lever contre cette injustice que vous subissez ! Ajouta Malefor en attrapant une hallebarde lame était recouverte de runes pour ensuite la remettre entre les griffes d’un guépard sidéré tant par la fabrication exquise de l’objet que du fait qu’elle lui avait été donnée par le seigneur.

À la vue de l’arsenal sur lequel ils allaient bientôt pouvoir mettre la griffe, plusieurs bandits poussèrent des hourras.

-Toutefois, continua Malefor en les réduisant au silence, je dois vous avouer que certaines nouvelles m’attristent particulièrement. L’un de mes informateurs m’a révélé que certains de vos compatriotes n’apprécient point leur libération du joug de vos oppresseurs et auraient conspiré contre moi.

Aux paroles du Maître Noir, les agents de Slesh se saisirent du prisonnier et ce sous le regard amer de Béliaroc et ses soldats. Sans faire un bruit, les deux dragons presque complètement dissimulés sous leurs capuches trainèrent le fugitif dans la poussière jusque devant Malefor. Trop faible pour se défendre, ce dernier sembla tout de même tenter de lancer un regard de défi au grand seigneur de guerre, mais ne fut point capable de soutenir les deux yeux dorés empreint de haine posés sur lui. Ce fut à ce moment que Béliaroc comprit ce qu’avait voulu dire Slesh.

-L’attaque sert au plan… Se dit-il.

Lentement, Malefor posa une patte énorme et griffue sur la tête du bandit fait prisonnier et regarda intensément la foule. Soudain, le captif se mit à pousser des hurlements de douleur et tenta de se débattre contre la poigne de fer de son tortionnaire. Sans même sembler produire le moindre effort, le Maître Noir écrasa le crâne de sa victime comme un fruit pourri. Le sang gicla de toute part et des éclats d’os mêlés à d’autres substances peu ragoûtantes souillèrent le sol brûlant. Durant tout ce manège, aucun son ne se fit entendre de la part des brigands rassemblés là. Au contraire, tous semblèrent faire de leur mieux pour rester stoïques alors que leur camarade périssait dans d’atroces souffrances.

-Ainsi tombent ceux qui s’opposent cette ère nouvelle ! Déclara Malefor en jetant sur le côté le cadavre comme une poupée de chiffon. En ce jour où les mécréants tombent sous le couperet de la justice, les âmes valeureuses se joindront à la grande cause qu’est la nôtre. Citoyens de Namiraba, le temps est venu pour vous de prendre votre destin en main ! Pillez, tuez et ravagez en mon nom et vous serez une fois de plus récompensés pour votre bravoure ! Faîtes oublier les humiliations que vous ont fait subir cette noblesse pourrie qui prétend diriger ce monde et faîtes tomber sur leurs royaumes toute la fureur d’un peuple se réveillant d’entre les cendres de l’histoire ! Terminée pour vous est l’époque du brigandage de subsistance car cet instant marque pour vous le début d’un âge de conquête !

Tout au long du discours de Malefor, les esprits des bandits s’échauffaient. Chaque parole plus manipulatrice que la dernière dirigeait habilement leurs émotions déjà à vif. Malheureusement pour le monde, il n’en fallut pas plus ce jour-là pour que chacune des âmes présentes au village de Namiraba ne se mette en branle sur le chemin de la guerre et de la perdition…

-Longue vie à Malefor !  Cria l’un des bandits en soulevant le point avant d’être aussitôt rejoint par ses comparses dans une clameur assourdissante.

Satisfait, le seigneur de guerre se tourna vers ses deux généraux.

-Béliaroc, dit-il au grand dragon noir, fait distribuer par tes soldats les armes à ces braves et indiques leur que leurs prochaines instructions suivront sous peu. Tu nous rejoindras lorsque ce sera fait. Slesh, ajouta-t-il en indiquant d’une griffes les deux dragons encapuchonnés demeurés jusqu'à présent aussi silencieux que des tombes, ordonnes à tes disciples de se fondre dans le désert et de garder l’œil ouvert. Si quelqu’un approche, je veux en être au courant.

Ses serviteurs le saluant avant de se mettre à la tâche, l’énorme violet s’adressa alors à un grand dragon balafré s’étant détaché du groupe de brigands.

-Branir je présume ? Dit-il en posant un regard inquisiteur sur le nouveau venu. Si j’en crois les rapports de Slesh, tu serais bien celui qui aurait remplacé l’ancien chef du village ?

Le bandit esquissa un sourire malfaisant en s'inclinant.

-Pour sûr, seigneur. Votre envoyé, Slesh, en a été pour beaucoup pour ce qui a été d’instiller votre vision à mes guerriers. Pour ce qui est du reste, eh bien, Chugut commençait à se faire vieux, faible. Un sang nouveau était nécessaire pour accomplir l’œuvre. Nous le sacrifierons à la prochaine lune en votre honneur.

-Votre dévotion me fait grand plaisir, répondit le Maître Noir en arborant un rictus carnassier, toutefois, Slesh m’a fait mention que vous détenez en ce moment même un…invité de marque. Capturer un général de Garius en campagne, un bel exemple de vos habilités à commander. Que diriez-vous que nous allions lui rendre visite ?

Comme jamais auparavant, Namiraba fut en proie à une activé sans précédent. Les nouveaux soldats de Malefor s’activaient sous le regard attentif de Béliaroc afin d’organiser les patrouilles et de construire les postes de gardes et les fortifications qui assureraient leur mainmise sur ce nouveau bastion. Après quelques conseils supplémentaires de Slesh, deux silhouettes noires se fondirent dans le paysage désertique, prenant avantage de la nuit qui tombait rapidement.  L’influence du Maître Noir sur cette portion aride du continent était maintenant incontestable. Si rien n’était fait, le mal et la corruption continueraient d’étendre leurs longues griffes sur cette lande désolante.

Une force considérable allait être requise pour purger cet endroit et ça, c’était à condition qu’il ne fût pas déjà trop tard…
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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Ven 13 Oct 2017 - 22:40

Nous étions assez loin de la cité pour ne pas être repéré si facilement mais tout de même assez proche pour pouvoir être à portée d'un point d'observation correcte. Ce dernier point est surtout utile pour ceux qui auront leur tour de garde mais aussi pour les éclaireurs. Il allait falloir attendre la nuit avant d'agir mais il allait falloir profiter de la journée et notre position à notre avantage. Ainsi, après mes paroles, Strenth pris la parole pour se proposer :

- Si personne n’est contre, je souhaiterais partir en éclaireur. Je n’en ai jamais fait, mais j’ai confiance en mes capacités, et puis… Je meurs de froid, alors me dégourdir un peu les pattes ne me fera pas de mal. Ce n’est pas trop dangereux, n’est-ce pas ?

Plusieurs yeux se tournèrent vers lui et d'autres vers moi, attendant ma réponse. Et celle-ci ne tarda pas :

- Tu veux être éclaireur ? Hmmmm... Oui, je pense que ça peut être une bonne idée. Même si ta couleur peut faire tâche en plein jour, lorsque le soir tombe, tu peux passer un peu plus inaperçu. Par contre, pas trop dangereux... tant que tu n'es pas repéré, c'est bon. Par contre, si tu l'es... Bien ! Quelqu'un d'autre ?

Je balayai l'assemblée des yeux, silencieux, avant de voir un jeune dragon noir s'avancer et dire :

- Majesté, ce sera un honneur pour moi de partir aussi en éclaireur cette nuit.

- Cette soirée, pas nuit. Cette nuit, dépendant de vos observations, nous agiront pour pénétrer dans le village et trouver celui que nous venons chercher ici. Mais, sinon, très bien. Vous partirez, toi et Strenth, dans quelques minutes après vous être arrêté ici quelques minutes.
Au fait, quel est ton nom ?


- Mirth, Majesté.

- Merci. Bien ! Quant à ceux qui auront leur tour de garde... Je prendrais le premier et, Korth, tu m'accompagnera lors de celui-ci. Gandar et Volm, vous prendrez le second. Furt et Goald,
le troisième. Des questions ?


Mon regard se plaça encore une fois sur l'assemblée, attendant une éventuelle réponse. Après tout cela, Strenth et Mirth pourront commencer à faire leur devoir d'éclaireur...


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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Sam 21 Oct 2017 - 13:29

Strenth n’avait pas une tache bien simple, il le savait. Déjà n’était-il pas certain de réussir parfaitement sa mission, mais en plus, on le couplait à quelqu’un. Il n’en laissa rien paraitre, mais cette décision ne lui plût guère. Le maître-espion était un solitaire de nature, et aimait agir en tant que tel, pas en équipe. Pourtant, il devrait faire avec. Le dragon gris se rapprocha de son coéquipier par défaut et le salua après qu’Igniis ai terminé de donner ses instructions pour la nuit qui promettrait beaucoup de mouvements.
 
— Enchanté, Mirth. J’espère que cet éclairage se passera bien.
— Mais de même.
— Mon nom est Strenth. Je suis un nouveau dans l’armée de Warfang.
— Et le roi confie ce genre de taches à un bleu ?
— Ne me sous-estimez pas, rétorqua Strenth en riant. Le roi a accepté ma demande, ce ne doit pas être pour rien.
— Votre couleur, mas j’imagine que ce n’est pas tout.
— Les pires rues d’une cité peuvent être aussi formatrices qu’une bataille, Mirth, soyez-en certain. Je vais me préparer un peu. Faites de même.
 
Sans même lui laisser le temps de lui répondre, Strenth fit volte-face et alla vers sa sacoche qu’il avait laissé trainer au milieu d’autres sacs du groupe. A l’intérieur, il récupéra un peu d’onguent et des bandages. Il passa le temps qu’il avait pour se préparer à soigner un peu les blessures qu’il avait eu lors de cette nuit quelque peu mouvementée à Warfang. Son dos lui faisait toujours un peu mal s’il se courbait trop, et sa patte ne lui permettait pas de tenir correctement un objet. Outre ceci, il était parfaitement capable. Lorsqu’il retrouva Mirth à la sortie du camp, des bandes serraient une partie de son avant-patte droite, et il avait des « gants » au bout de chacune de ses pattes, de couleur noire. Il ne portait plus son sac qu’il avait décidé de laisser au camp. Il ne portait pas non plus de manteaux ou de capes : cela lui serait inutile dans le désert, car ses écailles permettaient déjà de le cacher.
 
Le soleil avait déjà laissé place à sa sœur, la lune, et le ciel, en direction du village, n’était plus qu’un joli dégradé de pourpre se fonçant au fur et à mesure que l’horizon s’approchait. Mirth était difficile à percevoir en effet : ses écailles noires lui conféraient un grand avantage pour cette mission : mais pas autant que Strenth. Le sable était d’une couleur plus claire que le noir ; il serait donc plus difficile de repérer un individu aux tons grisés plutôt que noirs dans ces cas-là.
 
— Sommes-nous prêts ? s’enquit le maître-espion.
—Nous avons le consentement du roi. Partons sans plus attendre. Peut-être devrions-nous nous séparer ?
— Non, je préfère que l’on reste ensemble. Certes nous pourrions couvrir plus de terrain chacun de notre côté, mais si jamais il y a une embuscade, nous nous en sortirons mieux en étant groupé.
 
Cela dérangeait Strenth de dire une telle chose, mais pourtant il avait le sentiment que c’était la meilleure chose à faire. Au moins, si jamais ils tombaient sur des ennemis, l’un d’eux aurait plus de chance de s’enfuir, et l’autre de retenir d’éventuels poursuivants, dans le pire des cas, bien sûr. Hélas, Mirth voyait les choses autrement. Peut-être se sentait-il supérieur à Strenth parce que celui-ci semblait avoir fait l’armée depuis plus longtemps que lui ? Un élan d’orgueil ? Peut-être, mais quelle qu’en soit la conclusion, la réponse fut la même.
 
— J’insiste pour que nous allions chacun de notre côté. Une embuscade sera la même, que tu sois seul ou accompagné.
— Je ne suis pas de votre avis, mais soit. Faisons de la manière dont vous le souhaitez.
 
Ils continuèrent à parler un court instant de choses de moindre importance, puis vint le moment où ils durent se séparer.  Mirth partit en direction du côté est, tandis que Strenth commença à sprinter vers l’ouest. Il se déplaçait avec une grande prudence, cherchant à chaque fois des rochers derrière lesquels il pouvait s’abriter pour se reposer un peu et regarder sa progression. Très vite la ville fut portée à sa vue, elle-même plongée dans les ténèbres de la nuit. Toutefois, au fur et à mesure  que le Maître-espion se rapprochait, il remarqua que le lieu n’était pas silencieux, bien au contraire. Des coups de métal contre le métal répétés et réguliers provenaient de Namiraba. Quelque chose semblait être en construction, et enfin, en contournant encore un peu, il put voir quelques torcher briller au loin.
 
Se rapprocher davantage ne serait probablement pas une bonne idée. Pas de ce côté du moins. Il y avait de l’activité, Strenth en était certain. Il se contenta de rester cacher derrière son rocher, ne faisant que dépasser sa tête, et inspecta les positions. Ce que pouvait déjà voir le dragon, c’était que l’endroit était mieux fortifié qu’un simple village : sans doute pour se protéger des probables dangers du désert. C’étaient bien des murs qui se baladaient le long du village, érigé depuis le sable.  Comment étaient-ils approvisionnés en eau ? Strenth ne voyait pas de grilles le long des remparts permettant de faire passer de l’eau, et aucun fleuve ne coulait dans les environs. Il ne devait pas non plus y avoir d’égouts, et donc aucune chance de s’infiltrer sous la terre. Toutefois, il semblait y avoir beaucoup d’entrées dans le village : certains murs étaient très vieux, et semblaient troués. Peut-être était-il possible de s’infiltrer par là. Le problème, c’est que Strenth devait chercher des failles pour une armée, et non pour sa personne. L’affrontement semblait inévitable pour pouvoir entrer dans la ville. Par contre… Une diversion pourrait l’affaire. Des dragons attaquant par les cieux pour permettre à d’autres troupes d’arriver et de s’infiltrer, faisant ainsi quelques dégâts dans les rangs de l’ennemi.
 
Un souffle de vent le fit se retourner. Il ne vit qu’une ombre noire fondre sur lui, puis un coup le mit par terre. Sa vision se troubla quelques secondes alors que sa tête s’enfonça dans le sable. Face à cette attaque, Strenth fit ce qu’il put pour utiliser ses pattes postérieures et se propulser en arrière ; Un nouveau coup d’air vint à lui, et il put remarquer des griffes le frôler.
 
Il retomba sur ses quatre pattes et se mit en position de défense. Devant lui, à quelques mètres, se trouvait un dragon que la nuit rendait gris. Toutefois, on ne pouvait voir qu’une partie de ses pattes et sa queue à la pointe munie d’une longe lame ressemblant à celle d’une hallebarde. Le bout de museau était tourné vers Strenth : ostensiblement, il le regardait. Une étrange sensation parcourut l’être du maître-espion, et il comprit de quoi il s’agissait lorsqu’il vit que le dragon s’était arrêté : ce n’était pas pour mieux se positionner, mais par prudence, parce que les yeux de Strenth avaient changé pour passer à un vert d’émeraude qui brillait légèrement dans la nuit.
 
Quelque chose lui fit fermer l’œil gauche : il s’essuya le visage et découvrit du sang sur sa patte. Il ouvrit légèrement la gueule, la surprise le submergeant, bientôt remplacé par une sorte de rictus.
 
— Oh oh oh… ça va se payer.
 
Il ne sentait aucune douleur, sans doute la blessure n’était que superficielle. Le sang coulait sans qu’il ne s’en soucie trop, teintant le sable de sang invisible à la nuit.
 
Strenth regarda aux alentours précautionneusement. Il n’y avait personne aux alentours, et le désert ne permettait pas vraiment de dissimuler un groupe, même infime : les rochers se faisaient de plus en plus rare tandis que l’on approchait du village. Il était donc seul, et le maître-espion pensait comprendre ce qu’il venait faire ici. Lui aussi devait jouer un rôle d’éclaireur pour les ennemis. Il fallait croire que les commandants qu’avait laissé l’invincible n’étaient pas aussi stupides que celui qui les dirigeait. S’il laissait ce dragon s’échapper, alors le possible effet de surprise de Warfang serait gâché. Il devait le tuer.
 
Comme si son adversaire avait lu dans ses pensées, il déploya ses ailes, s’apprêtant à s’envoler. En voyant cela, Strenth se précipita sur lui et frappa une des ailes étendues, la forçant à se plier de nouveau. S’il s’envolait, il alerterait les gardes du village. La situation était compliquée à gérer. Il avait une maigre fenêtre de manœuvre.
 
Il esquiva un coup de griffe de la part de son adversaire qui faisait tout pour repousser le maître-espion. Tant que ce dernier ne lui laissait aucune marge, il avait une chance de ne pas se faire repérer, et de donner ainsi l’avantage au roi. Il tenta de le griffer, mais ne rencontra que l’air. Un bond en arrière de la part de son adversaire lui permit d’esquiver, et Strenth répondait avec un bond en avant. Toutefois, il ne put esquiver la queue qui lui faucha une des pattes. Il tomba, permettant à l’autre un temps de répit. Pourtant il ne choisit pas la fuite et frappa la gueule du maître-espion qui parvint à éviter de peu. Il roula, couvrant ses écailles de sable qui s’incrustait à l’intérieur. Strenth essuya de la bave qui coulait le long de sa gueule et se remit à attaquer. Il esquiva quelques assauts, dont un coup de queue finement placé, dont le but était à nouveau de mettre le maître-espion à terre, mais il avait fait un bond sur son adversaire et l’avait ainsi plaqué au sol. Il lui écrasa le museau du mieux qu’il put avec sa patte pour l’empêcher de mordre et de hurler et l’immobilisa assez pour le griffer sauvagement avec ses pattes valides. Du sang se répandit non loin et sur Strenth, qui ne s’arrêta que lorsqu’une marre s’était formée, et que le dragon n’était plus atteint de soubresauts. A bout de souffle, il se releva et contempla son œuvre, non sans un certain dégoût. C’était un meurtre barbare, qui ne rimait à rien. Strenth préférait le travail proprement exécuté, et déchirer à coup de griffes ne faisait pas partie de sa définition de « bon travail ». Mais au moins, l’éclaireur ennemi était hors d’état de nuire. Il espérait juste que l’on ne les avait pas entendu.
 
Il s’approcha du corps après s’être suffisamment calmé et retira le manteau muni d’un capuchon : ce dernier était en lambeaux à cause des coups de griffe, mais on pouvait toujours la porter et bien masque son identité. En jetant un coup d’œil, Strenth remarqua que son adversaire portait presque les mêmes couleurs que lui. La nuit pouvait bien sûr tromper sa vision, mais il était sûr que le ton était presque similaire, peut-être sa couleur était plus claire que celle de son adversaire. Une idée dangereuse naquit alors en lui.
 
Il avait maintenant la chance de pouvoir s’infiltrer chez l’ennemi. Le risque était grand, puisque sûrement des gens ne le reconnaîtraient pas. En y pesant ainsi, Strenth n’était pas satisfait. Il y avait beaucoup trop de hasard dans ce plan. Continuant d’observer la cité, il réfléchit, et profita d’un instant de calme pour analyser son propre comportement. Rien ne semblait change de d’habitude : il était calme, posé, méticuleux dans ses réflexions. Sans doute son adversaire possédait un comportement similaire au sien. Mais il y avait autre chose. Strenth était légèrement excité. Une dadrénaline soudaine le motivait à bouger. Passer à l’action le prit soudainement. Il se tourna vers le cadavre. Ce dragon était-il si hâtif ? Peut-être était-ce pour cela qu’il avait décidé d’attaquer Strenth. Lorsque ce dernier y réfléchit plus avant, s’il avait été à sa place, il aurait sécurisé sa position et aurait rapporté l’information. Peut-être voulait-il se battre, ou peut-être pensait-il que laisserpartir un éclaireur serait une mauvaise chose, tout comme le pensait Strenth. Mais Warfang n’avait pas l’avantage de la défense. Ses informations valaient sans doute beaucoup plus que celles du maître-espion. Ce dragon était étrange, et il ne semblait pas avoir agi sans trop réfléchir. Il devait y avoir quelque chose d’autres. Hélas, cette décision joua en sa défaveur. Cruelle est la fortune quand on ose la défier. Cela faisait longtemps que Strenth avait appris à la tromper pour mieux réussir. Jouer sur sa chance ne pouvait pas toujours fonctionner, et un jour…
 
Des croassements lointains pouvaient à présent se faire entendre : les oiseaux de proies, attirés par le sang, n’allaient pas tarder à encercler la zone et se repaître des restes de la victime. Le maître-espion ne pouvait pas se permettre de s’attarder davantage ici. Il agrippa le manteau noir et l’enfila. Il était un peu grand pour lui, mais au moins il serait mieux camouflé, les manches étant plus longues et le capuchon couvrant parfaitement la majeure partie de son visage. Ainsi, on ne pourrait pas voir le sang sécha sur son corps. Il n’avait pas le temps de s’appliquer à tout nettoyer, et il n’en avait guère besoin. Il se précipita en direction du village, n’hésitant plus à se mettre à découvert, approchant peu à peu à la lumière des torches. Certains le remarquèrent et se contentèrent de le regarder. De toute évidence, ces gardes savaient qu’un éclaireur avait été repéré, et s’ils ne l’interpelaient pas, c’était qu’il arrivait bien à se dissimuler. Une fois devant l’entrée, il ralentit, marchant devant les gardes sans vraiment les saluer, se contentant de tourner un peu la tête vers chacun d’eux. Le silence était gênant, mais aucun n’osa le rompre, ni d’un mot, ni d’un geste. Strenth put ainsi rentrer dans le village.
 
Ce dernier était particulier. Jamais il n’avait vu une telle architecture. Le village pouvait être qualifié de petite ville, plutôt : en effet, ils avaient quelques fortifications, bien que précaires, et le matériau dominant semblait être la pierre. Chaque bâtiment n’était composé que de cela. Tous les édifices possédaient la même forme : des pavés droits. C’en était attristant, si peu d’originalité dans la variation des formes, mais sûrement n’avait-il pas le loisir de se pencher sur l’aspect esthétique de la ville. Les rues avaient pour sol du sable, parfois durci pour permettre de marcher avec plus d’aisance dans certaines rues avoisinant la place principale et les entrées, sans doute pour faciliter le transport de cargaisons. Strenth alla d’abord dans les rues où il y avait le plus de monde pour passer inaperçu. Il remarqua que le village n’était pas habité que de dragons, mais bien de félins.
 
Pour le peu qu’en savait Strenth, Namiraba était un village dangereux parce que la vie y était très difficile. Tellement difficile que le lieu est rapidement devenu un repaire de bandit. Ici, bien peu de nobles âmes parviennent à vivre dignement avec les bandits alentours qui ont pris possession des lieux et n’hésitent pas à intercepter des cargaisons passant dans les alentours. En somme, il ne s’agissait pas du lieu de vacances idéal, mais Strenth n’était pas en vacances, et puis… les bandits, c’était un peu comme son second monde. Après tout, il avait déjà vécu parmi un groupe de brigands, dans ses plus jeunes années. Cela ne lui faisait plus peur depuis longtemps. Beaucoup n’utlisaient que la provocation pour avoir ce qu’ils voulaient, ou agissaient en groupe pour être certain d’être satisfait, mais le maître-espion avait lui aussi joué dans ses sphères. Il en connaissait si bien les mécanismes qu’il en connaissait aussi les défaillances.
 

Il s’écarta de la foule lorsqu’une ruelle plutôt sombre et étroite s’offrit à lui. Il grimpa un des bâtiments en s’aidant de la proximité de l’autre et atterrit à l’étage d’un balcon qui donnait sur un espace ouvert, avec seulement un plafond qui était sûrement le sol d’un second étage. L’endroit était vide, et il se positionna près d’un balcon qui donnait sur une rue adjacente à la grande place. Une fois bien à son aise, il se cache derrière un pilier et fit de son mieux pour écouter les conversations. Il y avait beaucoup de monde, et parfois certains hurlaient pour être entendus. Peut-être parviendrait-il à entendre quelques informations importantes de cette manière. Il ferait cela pour analyser un peu le terrain en même temps, et s’il n’avait rien de concluant, alors il bougerait autre part.
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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Mer 8 Nov 2017 - 7:46


Malefor et Slesh se laissèrent guider par Branir et deux de ses guerriers dans les rues tortueuses de Namiraba. Les rares villageois ne prenant pas part aux fortifications de la ville furent soit trop apeurés à la seule vue du Seigneur Noir et ses sbires ou furent prestement écartés du chemin par les fiers à bras de Branir. Le court trajet se termina à un bâtiment de pierre à l’allure délabrée construit en plein centre du village. À en voir les inscriptions dans le mur presque effacées par le passage du temps, c’était une ancienne forge qui faisait maintenant office de cachots improvisés. Deux autres brigands montaient la garde à l’entrée et s’inclinèrent maladroitement à l’approche du grand dragon violet avant d’ouvrir les grandes portes de bois de la grande bâtisse.

-Z’appelez ça un salut bande d’idiots! Gronda Branir visiblement agacé en passant à côté des deux bandits. Pardonnez-moi Seigneur, ajouta-t-il à l’adresse de Malefor, mes guerriers ne sont pas encore habitués à la discipline nécessaire pour…

Le balafré ne put toutefois terminer sa phrase.

-Ils ont intérêt à apprendre vite, Branir. Le coupa Slesh. Prendre le contrôle d’un village est une chose, s’attaquer à un empire en est une autre et j’espère pour ta troupe que vous saurez remédier à la situation !

Pour sa part Malefor ne se prononça pas, laissant plutôt son subordonné s’occuper de ce menu détail trop peu important pour qu’il n’y prête attention.

À l’intérieur l’on pouvait voir que les conditions de vie des cachots de Namiraba étaient on ne peut plus exécrables. L’unique grand pièce composant le bâtiment empestait la charogne. Sang et excréments coulaient sur le sol de pierre froid. Deux rangées de petites pièces mornes et fermées par des barreaux en fer noir creusées dans le roc composaient les cellules. On pouvait y voir plusieurs prisonniers entassés dans les dimensions exigües. Certains étaient dans de piètres conditions, d’autres tout simplement morts. Quelques geôliers armés de gourdins gardaient un œil vigilent sur les captifs, prêts à mater toute tentative d’évasion de cet enfer surpeuplé où la mort était autant une délivrance qu’une certitude. En apercevant le Maître Noir, les captifs se cloîtrèrent de plus belle dans leur cellule. Même sans ne l’avoir jamais vu auparavant, ces derniers pouvaient sentir toute la malveillance qui émanait du violet.  

-Certains ne voyaient pas votre règne d’un bon œil aussi glorieux soit-il. Déclara Branir en désignant les nombreux prisonniers du menton. Toutefois nous leur trouvons une utilité Seigneur. Ceux qui ne grouillent pas trop font de bonnes cibles pour l’entraînement à l’arbalète ou à la lance. Pour les autres, eh bien, ils seront toujours là dans l’éventualité que les vivres ne viennent à manquer.

-Votre créativité est remarquable. Ironisa Slesh en jetant un regard en coin à un grand hachoir ensanglanté accroché à proximité d’une des cellules.

Soudain, des insultes et des bruits de lutte sauvages se résonnèrent du fin fond de la pièce.

- On dirait que notre invité n’apprécie pas sa nouvelle demeure. Ricana Branir d’un air mauvais. Peut-être devrions-nous revenir plus tard ?

Le chef des brigands regretta aussitôt ses paroles lorsque le regard perçant de Malefor se posa sur lui.

-Je crois qu’un peu de compagnie devrait améliorer son humeur. Répliqua froidement le seigneur de guerre. Conduisez-nous à lui, je brûle de faire sa connaissance.

Avalant sa salive, Branir guida les deux autres dragons à l’extrémité de la pièce jusqu’à une porte en bois renforcée d’où provenaient les sons. Poussant les grands battants, le chef des brigands révéla l’ambiance plutôt agitée qui régnait dans la pièce. Dans cette dernière cellule aussi exigüe que les autres sans fenêtre où l’obscurité y était plus qu’oppressante, deux bandits administraient une solide raclée à un dragon visiblement bien plus âgé qu’eux. Mal en point, ce dernier tentait tout de même de se débattre tant bien que mal. Toutefois, les lourdes chaînes qui le retenaient et la vigueur de ses adversaires eurent rapidement raison de lui ce qui ne l’empêcha pas de décocher quelques ultimes insultes avant de mordre la poussière.

-Allez les gars foutez-lui la paix, ordonna Branir à ses sbires, il ne faudrait pas que vous l’abîmiez trop.

En remarquant la présence des deux individus accompagnant leur patron, le sang des deux geôliers ne fit qu’un tour. S’inclinant rapidement, les deux brigands sentirent le besoin de se retirer de l’endroit avant qu’il ne leur arrive malheur. Trébuchant presque l’un sur l’autre, ils quittèrent prestement sous le regard doré de Malefor qui ne fit rien pour alléger leurs craintes.

-Seigneur, commença Slesh en avançant à quelques pas des barreaux, permettez-moi de vous présenter votre invité le général Thomson. Commandant en chef des forces de Garius.

Branir sembla vouloir dire quelque chose, mais fut immédiatement interrompu par Malefor.

-Une belle prise, disciple. Dit-il tranquillement en posant une patte massive et griffue sur l’épaule de son subordonné qui parût aussitôt bien frêle en comparaison avec le violet. Toutefois je crois que nous nous occuperons de la suite. Retournez dehors pour superviser vos guerriers, je veux que tout soit prêt le plus rapidement possible et que Namiraba puisse résister à n’importe quelle attaque avant l’aube.

C’est le cœur au bord des lèvres que Branir acquiesçât.

-Bien sûr s…seigneur. Répondit-il visiblement intimidé par la proximité de Malefor. Tout de suite.

Refermant la porte derrière lui, le brigand disparu aussi rapidement que ne l’avaient fait ses subordonnés.

Assurément toujours un peu assommé par la raclé qu’il avait subie, Thomson su tout de même lever la tête pour jeter un regard aux nouveaux venus. De façon presque instantanée, ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’il comprit à qui il avait affaires.

-Vous ! Cracha-t-il entre ses crocs ensanglantés. Tout c’est de vous ! J’aurais dû me douter que quelque chose d’inhabituel était à l’œuvre ici !

Posant son regard de fauve sur le dragon, Malefor fit la plaisante observation que ce dernier tentait de le soutenir en retour. Cherchant probablement à cacher sa peur, le général était tout de suite passé à la confrontation. Toutefois, la peur Thomson en empestait et le seigneur de guerre l’avait aussitôt senti alors qu’il était entré dans la pièce. Le petit jeu pouvait maintenant commencer.

-Général, susurra l’imposant dragon violet, je crois que votre attitude démontre d’une certaine…hostilité. Pourquoi donc se montrer aussi peu accueillant ? Nous ne recherchons que votre coopération après tout.

Thomson tenta de se relever, mais ses chaînes ne lui permirent que de s’accoter contre le mur de pierre derrière lui.

-Coopérer ? Laissez-moi rire. Rétorqua-t-il entre deux quintes de toux. J’ai fait de mon devoir de combattre ceux de votre espèce ! De toute façon, vous me tuerez dès que vous obtiendrez ce que vous cherchez.

Un sourire carnassier étira le visage déjà inquiétant du Maître Noir. Le mal incarné ne se laissait pas atteindre par quelques rebutades.

-Ça je vous le concède. Répondit-il tranquillement. Il est vrai que vous ne vivrez pas bien longtemps encore. Toutefois sachez que je peux rendre vos derniers moments sur ce sol bien plus désagréables que vous ne pourriez l’imaginer.
 
-La torture ? Ricana Thomson. Voilà ce dont vous êtes capable ? Franchement ?

Malefor se rapprocha des barreaux, masquant derrière toute sa masse la faible lueur qui passait sous la porte.

-Non, pire. Répliqua le Maître Noir. Je vais discuter un peu avec vous en commençant par ce que je vais infliger à vos compatriotes lorsque j’en serai terminé ici.

Malgré la faible lueur, Malefor pu distinguer l’expression du général qui était passée de la défiance à l’inquiétude.

-Que voulez-vous dire ? Répondit Thomson, son regard commençant à fuir celui du violet.

Laissant quelques secondes de silence pour étudier le prisonnier, le seigneur de guerre sembla aiguiser tranquillement ses griffes contre le sol de pierre.

-C’est bien simple, continua Malefor, sachez que Namiraba n’est que le début, une sorte de tremplin pour le reste de mon projet voyez-vous. La première petite pierre du grand monticule que sera bientôt mon ombre sur votre royaume. Dîtes-moi général, serait-il vrai de dire que le royaume de Garius possède aujourd’hui amplement les capacités de se défendre face à un envahisseur aussi puissant soit-il ? Voir même assez fort afin de rivaliser avec la puissance de mes légions ?

Thomson paru prendre un moment de réflexion avant de répondre, sentant probablement un piège tendu par le Maître Noir.

-Sachez que vous ne me soutirerez aucune information en rapport avec les armées sous mon commandement Malefor, rétorqua-t-il, mais sachez ceci : Garius est bien que plus assez puissant pour vous stopper vous et n’importe quelle autre menace !

Le sombre seigneur acquiesça, content de voir quelle tournure prenait cette conversation.

-Bien sûr général, je suis amplement d’accord avec vous. Toutefois, durant toute ces années passées à consolider les forces de Garius et les fortifications de votre magnifique cité d’Arthar, vous êtes-t-il arrivé de vous demander comment vous défendre des nouvelles menaces, hum ? Autre qu’une sombre armée de barbares s’écrasant contre vos hautes murailles ?

L’officier se redressa à ces mots.

-Que voulez-vous dire Malefor ? Quel autre ennemi autre que vos légions de sauvages pourrait en venir à menacer la sécurité de Garius ?

Malefor et Slesh commencèrent à rire à gorge déployée.

-Les soldats de votre genre ne sont que trop prévisible. Ricana Malefor. Et si je vous apprenais que Garius n’avait jamais été menacé d’un point de vue militaire ? Qu’en nous laissant avoir main mise ici vous aviez déjà perdu le combat de longue haleine qui vous attend dans le futur ? Qui ferait de Garius son plus grand danger pour lui-même ?

Thomson demeura silencieux, semblant chercher à savoir ce dont le violet déblatérait depuis un moment déjà.

-La corruption, poursuivit Malefor, ma corruption. Voilà ce qui menace Garius. Pouvez-vous la sentir ? Depuis notre arrivée ici elle a su se glisser dans tout. Dans le sol, dans l’air, dans les fissures des murs, dans les âmes des habitants de Namiraba. Tout ici ne cherche qu’à servir mon œuvre, ne cherche qu’à déclarer à quel point il est satisfaisant de délaisser l’ordre établit, de servir les forces du chaos. Je peux même la sentir sur vous Thomson. Bien que vous ne voulez pas y croire, une petite parcelle de votre être est maintenant attachée à moi.

Le général secoua vivement la tête semblant rejeter le discours du grand dragon, mais avec un peu moins d’assurance dont il avait fait preuve auparavant.

-Bientôt, les brigands de Namiraba mettront à sac les campagnes de Garius et commenceront à propager cette corruption sur la lande. Alors que vos soldats seront trop occupés à défendre les frontières du royaume, personne ne se doutera que l’ennemi sera déjà aux portes d’Arthar. Quiconque ayant été en contact avec le mal de Namiraba le portera en lui et comme n’importe quelle peste qui a su ravager le continent, ma corruption débutera son œuvre dans tout Garius. Éventuellement, vos armées triompheront et Namiraba sera rasé jusqu’à la dernière pierre, mais le combat intérieur qui fera rage dans le cœur de vos concitoyens aura déjà fait ses dommages. Les effets ne seront pas immédiats bien sûr. Il en faudra peut-être quelques années, mais le temps jouera toujours en ma faveur mon ami. Lorsque le moment sera venu, l’ennemi intérieur fera surface et ce en mon nom. L’aristocratie, frères et sœurs, pères et fils s’entretuerons en ma seule gloire jusqu’à ce que votre royaume ne soit qu’une terre balayée par l’odeur de la charogne et gorgée du sang de son propre peuple. Tout cela sans qu’aucun de mes légionnaires n’ait à poser une griffe sur votre sol. Un combat de longue haleine requérant de la patience je suis d’accord, mais j’en suis venu à me convaincre que dans cette ère nouvelle que je préfère laisser à d’autre le besoin de faire la basse besogne, mais ça vous n’aurez pas le plaisir de le répéter à personne. Bien sûr, vous serez mort sous peu.

Prit d’une énergie nouvelle, Thomson tenta de se jeter contre les barreaux de sa cellule.

-Vous mentez ! Rugit-il la voix tremblante d’un mélange de colère et d’angoisse tout en luttant contre ses chaînes. Comme toujours vous ne pouvez que produire que quelques menaces en l’air pour faire peur aux vieillards et aux enfants. Ça ne fonctionnera pas avec moi !

Le Maître Noir parût amusé par la réaction qu’il avait pu provoquer.

-De simples menaces dîtes-vous ? Susurra-t-il en semblant se mouvoir dans l’obscurité.

À ces mots, Malefor surgit d’entre les ombres pour apparaître nez à nez au fier général de Garius.

-Permettez que je vous montre ? Dit-il en agrippant la tête de Thomson avant de plonger son regard de boucher dans le sien.

Dans les deux abysses dorés qu’étaient les yeux de Malefor, le général vit toute l’étendue du carnage qu’avait préparé le violet pour son royaume, du mal et de la malveillance dont il était capable. Soumis aux images de carnage produites par l’esprit tordu du Maître Noir, il hurla de peur et d’angoisse.




Après s’être quelque peu amusé à détruire et corrompre l’esprit de Thomson, Malefor dû s’arrêter avant de ne le réduire à l’état d’une loque. Laissant le dragon plus mal en point que jamais entre les griffes de Slesh, il laissa ce dernier avec comme instructions d’extirper n’importe quelle information importante qui pourrait leur servir. Le dragon rouge paru clairement satisfait de la tâche qui lui avait été confiée et continua de ricaner en extirpant quelques terrifiants outils de torture de sous son plastron.

Retournant dehors, le seigneur se décida à poursuivre l’une de ses vieilles habitudes. Repérant le plus haut sommet de Namiraba, le grand violet s’envola pour aller s’y percher. À la façon d’une gigantesque gargouille, Malefor prit le temps de contempler la lande de son perchoir où tous les citoyens du village pouvaient le voir dans toute sa splendeur. Le chef de guerre adorait démontrer sa puissance et regarder de haut tous ceux qui avait le courage de lever les yeux vers la puissance incarnée, puissance à laquelle même dans leurs rêves les plus fous ils ne pourraient accéder. Au loin, Malefor observa quelques charognards descendant lentement des cieux pour probablement fondre sur leur prochain repas. Cette image délecta Malefor. Tout comme ces créatures voraces, son ombre s’étendrait bientôt sur les terres à l’horizon et se nourrirait de la carcasse du vieux continent.  
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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Mer 15 Nov 2017 - 1:02

- M... M... M... Majesté... Majesté...

Il était en pleurs, les larmes étaient abondantes mais sa plainte était silencieuse. Il était revenu avec un regard vide, effrayé, et, surtout, était revenu seul. Lorsque je lui avait demandé où était Strenth, il m'expliqua qu'ils s'étaient séparé et, qu'après avoir fait le tour de la cité, il n'avait trouvé qu'un corps ensanglanté, épouvantable. Bienvenu dans le monde, mon grand... Mais ce cadavre n'était pas celui du gris. Nous étions peut-être repéré... Quoi que cela n'était que peu probable puisque nous étions toujours caché, puisque nous n'étions toujours pas trouvé. Est-ce qu'il était parvenu, d'une manière ou d'une autre, à entrer ? Peut-être (et je l'espérais en un sens). Mais il fallait aussi voir les autres problèmes qui nous faisaient face...

Puis, je lui demandai s'il y avait des entrées possibles. Il me dit qu'il y avait un passage sous-terrain de l'autre côté, mais qu'il risquait d'être gardé (en même temps, faut pas prendre nos adversaires pour des cons). Nous étions une petite armée : nous avions quelques chances. Et des autres possibles entrées ? Eh bien, à part celle principale, nous étions, comme qui dirait, restreints à une seule solution si nous voulions entrer le plus discrètement possible dans la cité.

Enfin, il restait une chose qui restait accroché mon esprit.

- Quoi, Mirth ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Le... Le... répondit-il avant de déglutir. Il était là... Je L'ai vu... Lui...

- Qui, Lui ?

- Nous sommes perdus...

- Qui ! fis-je sévèrement d'une voix tout de même basse.

- Il était là-haut, Il scrutait tout mais ne m'a pas repéré... Je l'ai vu... Le Maître Noir.

Il y eu un silence soudain... Un silence de mort parmi tous ceux qui m'entouraient. Enfin, tous sauf ceux qui étaient d'origine de Garius. Ceux-là, beaucoup n'en avait jamais entendu parler, ou que très vaguement. Mais, aussi, il y en avaient aussi qui s'étaient renseigné sur lui. Mais jamais ils n'auront le souvenir de sa parole à travers Warfang... Ni le souvenir de sa rencontre de face. Et je pense que vous savez que je ne suis pas du genre à baisser les yeux devant lui. D'un côté, cela pouvait même se retrouver bénéfique, si jamais nous pouvions mettre un terme à tout cela... Mais cela n'était que peu probable, vu la puissance de notre ennemi. Ce qui veut dire aussi que la suite, que le futur, pouvait devenir dévastateur si nous recevions une défaite, si Warfang perdait encore un de ses rois en si peu de temps et en période de crise, de guerre, comme celle-ci. Enfin bref, toujours était-il que tout le monde savait que Malefor représentait un danger, même ceux qui ne savaient pas qui il était rien qu'à l'intonation de l'éclaireur...

Je poussai un soupir inexpressif. Sa présence allait tout de même compliquer les choses... Surtout que l'armée était petite ! Et puis, que venait-il faire ici ? En y réfléchissant, j'avais peut-être une idée, mais... Oui, cela pouvait correspondre à Malefor : peut-être avait-il conquit, tel le plus grand des Empereurs, ce petit village en plein désert remplit de dangereux hors-la-lois recherchés partout.

Mais, avant tout...

- Bien, maintenant que nous savons que Malefor est en face, nous ne devons pas baisser les bras. Cela peut sembler effrayant, et vous avez raison : ce dragon est dangereux et nos vies seront encore plus en danger. Mais nous devons récupérer le captif dans ce village, il est capital de le faire car notre futur en dépend. Si nous ne le récupérons pas, il y aura plus de chance que notre Futur ne soit que Chaos. Ne soit que mort et désolation de la part de notre ennemi qu'est le Maître Noir. Maintenant, nous allons dans ce passage sous-terrain. Suivons Mirth.

L'intéressé leva ses yeux terrifiés vers moi et moi, impassible, lui fis :

- Allons-y.

Il hocha doucement la tête, ayant peut-être compris ce que nous devions faire... Et nous fîmes un grand contour pour ne pas être remarqués.


Finalement, nous arrivâmes près d'une porte s'enfonçant dans le sable, s'enfonçant dans le sol. Et il y avait un dragon à l'entrée qui gardait celle-ci.

C'était à nous d'agir. Il allait falloir entrer dans le village. Et il n'allait pas falloir neutraliser le garde. Il pouvait y en avoir d'autres derrière la porte. Il allait falloir alors user de stratégie...

Nous nous éloignâmes un peu et, alors, un gars de Garius eut une brillante idée...

- Et si l'un de nous, ou bien deux ou trois, entraient dans Namiraba en se faisant passer pour des hors-la-loi ? On pourrait, après être entrés dans ce passage, improviser avec ce que nous avons pour pouvoir ensuite ouvrir au reste.

- Cela est, en effet, une très bonne idée... Mais qui...

- Je pourrais le faire, répondit celui qui me proposa l'idée.

- Et, ton nom...?

- Zedd, Monseigneur.

- Très bien. Quelqu'un d'autre ?

- Puis-je... fis alors Mirth en s'avançant doucement, hésitant. Puis-je y aller aussi ? Je pense être apte à cette tâche.

Je hochai la tête pour dire que oui. Alors, je leur dis :

- Bien. Deux, c'est suffisant, je pense. Allez-y. Enlevez tout ce que vous avez sur vous en tant qu'armure sauf vos armes.

- Excusez-moi, Monseigneur, mais je pense qu'il est préférable de garder certaines pièces d'armure. Cela peut nous faire passer pour des mercenaires qui ont pris des morceaux d'amure sur leur victime.

- En effet. Et, enfin, faites-vous passer pour un duo de criminels inséparables... Ouais, ça marche bien, ça, ça passe partout.

Ils me répondirent tous les deux affirmativement de la tête avant d'aller en direction de leur mission. Et nous dûmes attendre.

Au moins, les deux réussirent à rentrer facilement.


Un certain moment après, Zedd revint pour me dire que c'était bon. Nous le suivîmes. Devant la porte était le corps du pauvre garde, baignant dans son sang. Puis, nous nous enfonçâmes dans un couloir, en passant à côté d'un autre corps sans vie, qui menait à une salle. Celle-ci était petite et, surtout, contenait trois dragons morts et un seul vivant, près d'une autre porte : Mirth. Celui-ci avait envie de vomir, cela se voyait. Mais il nous dit, enfin, que la voie, après la porte, était libre pendant encore 6 salles, dont une ou deux menant à un escalier.

C'était à nous d'agir et il allait falloir nous séparer en deux ou trois groupes.

Alors, je me demandai soudainement comment se débrouillait Strenth, se son côté...


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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Ven 24 Nov 2017 - 17:08

Strenth regardait inlassablement la foule qui s’amassait, se heurtait et se croisait dans les rues principales et annexes. Telle une sentinelle, sa tête se mouvait doucement, de gauche à droit et de bas en haut, repérant le moindre geste, écoutant le moindre éclat de voix qui pourrait l’intéresser. Il vit beaucoup de caisses être transportées d’un point à un autre. La place centrale semblait être un gros point d’activité. Il était un peu trop éloigné pour bien comprendre ce qu’il se passait là-bas, mais l’attroupement qu’il constatait lui permettait de comprendre que les soldats présents ici animaient beaucoup la vie du village.
 
De puissants battements d’ailes lui parvinrent alors, vers l’ouest. Il tourna la tête, se plaquant davantage à un pilier, par mesure de sécurité. Aussi impassible pouvait-il être, il ne put se retenir d’être effaré lorsqu’il vit l’imposante silhouette de Malefor se diriger vers ce qui semblait être le point culminant de la ville. Strenth se retira immédiatement pour se cacher dans le bâtiment.
 
La Légion Noire ! C’était lui qui avait capturé le gradé de Garius ? Pourquoi ? Quelles étaient les intentions de Malefor ? Ce pourrait-il que cela ait un lien avec la guerre civile à Arthas ? Ces évènements étaient bien trop rapprochés pour que Strenth pût écarter l’éventualité. Au contraire, il la considérait fortement. Si vraiment le leader de ce groupe de rebelles était aussi stupide qu’on le racontait, nul doute qu’il aurait pu être soudoyé par Malefor. Pour une diversion ? Probable. Mais là encore, dans quel but ? Qu’est-ce que Namiraba avait de si important. Ce n’était qu’un repaire de bandit. Recrutait-il des troupes ? Strenth pensait que sa légion lui suffisait. Cette position ne possédait aucun avantage stratégique. Décidément, il avait du mal à suivre. A moins que ce soit une diversion pour disperser l’armée ? Strenth ne pourrait être éclairé que d’une seule manière.
 
Mais il ne pouvait pas prendre le risque d’aller rejoindre Malefor du haut de son perchoir. Non, il savait que l’autre éclaireur de Warfang pouvait toujours rôder. S’il avait réussi à se faufiler ici, pourquoi pas lui ? Bien sûr, les chances étaient minces, mais pas nulles. Il savait déjà comment jouer ses coups. Il ne restait plus qu’à décider de comment en parler…
 
Il descendit du bâtiment par les marches et la porte d’entrée, faisant bien attention à vérifier qu’il se trouvait sur un côté où Malefor ne pouvait pas le repérer. Si jamais il le remarquait et se diriger vers lui, cela porterait trop l’attention sur sa personne, et Strenth détestait être remarqué. Surtout dans une telle situation. Au moins, il n’était pas dans un territoire inconnu. Au contraire.
 
Il retira le capuchon qui se trouvait sur sa tête une fois à l’extérieur, et intercepta un des soldats de la Légion qui semblait affairé à transporter ces caisses. Il n’eut pas la curiosité de demander ce qu’elle contenait : le maître-espion en avait déjà une bonne idée, et puis cela ne ferait qu’éveiller des soupçons. S’il passait pour quelqu’un qui ne savait pas ce qu’il voulait, on pourrait le prendre pour un intrus. Il ne l’était pas bien sûr, mais encore une fois, l’attention…
 
—Est-ce que tu saurais où se trouve un certain Slesh, par hasard ? Ou Béliaroc. Ce sont des agents proches du maître noir, et j’ai besoin de voir au moins l’un des deux.
— Et pourquoi tu veux savoir ça ?
— J’ai des informations importantes à transmettre, et seulement eux peuvent les entendre.
 
Le dragon le dévisagea. Avec le sang qu’il avait sur les écailles, Strenth ne devait pas avoir une allure d’ange, loin de là. Son regard perçant s’attarda sur le soldat.
 
— Alors ?
— Sur la place. Il y en a un qui organise l’armement, je crois.
 
Evidemment. Strenth remercia le soldat qui continua de marcher dans la direction de l’endroit qu’il avait nommé. Le dragon gris patienta un peu, réfléchissant, puis il suivit le même chemin. Une fois au niveau de la place, il s’assied près d’une maison, de sorte à ne pas être vu de Malefor, et scruta chaque individu qui peuplait l’endroit. Il fut facile de trouver Béliaroc. Un gros lourdaud noir, protégé d’une armure hérissé de pointes. Ça se démarquait assez facilement du tas. Il semblait quitter la place et arriva dans sa direction. Strenth sourit et attendit qu’il passe à côté de lui pour lui dire bonjour d’un mouvement de patte nonchalant.
 
— Je suis content de vous trouver ici. Vous vous souvenez de moi ? Strenth, maître-espion de la Légion.
 
Il sourit légèrement à Béliaroc.
 
— Il faut que je parle au Maître, et le plus rapidement possible. Warfang prévoit bientôt d’attaquer l’endroit, et il faut que je transmette quelques informations avant que ça n’arrive. Est-ce vous pourriez aller le chercher, et lui demander si c’est possible de se voir dans un coin plus privé, en intérieur, de préférence ?
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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor) Sam 2 Déc 2017 - 6:16

Après près d’un petit quart d’heure accroché à son perchoir, Malefor commençait à se lasser d’observer la nuit qui tombait sur la lande. Bien sûr, un personnage de son importance avait d’autre chose à faire alors

-Un souverain digne de ce nom se doit d’être présent pour son peuple. Ironisa-t-il en se lançant en bas du bâtiment.

Atterrissant sur le sol de pierre de tout son poids, Malefor créa une petite onde de choc qui renversa quelques échoppes qui étaient toujours érigées même à cette heure tardive. Le seigneur de guerre s’en amusa quelque peu et aussi à la vue des quelques habitants visiblement apeurés se tenant autour de la place centrale. Ramassant ce qu’il demeurait de leurs affaires, ces derniers s’en furent rapidement sans demander leur reste et seuls les légionnaires s’affairant à distribuer l’armement et renforcer les fortifications étaient toujours sur la place.

-On dirait que tant de grandeur les effraie. Ricana Malefor alors que ses soldats l’accompagnèrent dans son rire.

Toutefois le temps des plaisanteries fut de courte durée car un Béliaroc visiblement peu dans son assiette vint à la rencontre du Maître Noir.

-Pardonnez-moi seigneur. Dit-il en inclinant son énorme tête casquée. Il y aurait un détail important dont je dois discuter avec vous. En...privé. Ajouta-t-il en jetant un regard aux alentours.

Malefor lut aussitôt le malaise de son général. Il était inhabituel pour Béliaroc de démontrer d'une quelconque émotion. Quelque chose se tramait.

-D’accord, répondit-il simplement d’une voix de pierre, espérons pour toi que cela en vaille la peine.

S’éloignant de la place centrale, Béliaroc jeta un coup d’œil autour de lui avant de parler.

-Strenth est ici seigneur. Dit-il à voix basse. Il amène des informations de haute importance sur Warfang. Seigneur, des troupes warfangiennes rôdent dans les parages.

Les traits de Malefor se durcirent en entendant le court rapport de son subordonné. En effet, même s’il était toujours prêt à en découdre avec son ennemi mortel, ce nouveau développement risquait de bouleverser ses plans ici.

-Conduis moi à lui. Ordonna simplement le violet pour qui les choses semblaient rapidement s’accélérer.


C’est à peine quelques minutes plus tard que Béliaroc conduit son chef à un bâtiment comme tant d’autre de Namiraba.

-Ne faisons pas attendre davantage notre jeune prodige. Dit Malefor en devançant Béliaroc. Le temps presse. Restes à l’extérieur et préviens-nous si quelqu’un approche.

Poussant la porte d’une énorme patte griffue, le seigneur de guerre se glissa dans le bâtiment avec une aisance déconcertante malgré sa taille. La bâtisse ne comportait qu’une seule pièce et était à peine éclairée. Au centre de cette dernière, se tenait le maître espion drapé dans l’ombre.

-Strenth. Déclara Malefor d’un ton caverneux. Quel plaisir de te revoir parmi nous. Cela fait bien longtemps que nous attendions de tes nouvelles à la citadelle. Toutefois je crois que tu devras nous réserver le récit de tes aventures pour plus tard, Béliaroc m’a mentionné que tu as mis à jour un plan de ces chiens galeux de Warfang n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Les Rois Maudits (Pv Strenth et Malefor)

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